Regarde la mer

Falke, soleil et neige sous-marine sur le sperrbrecher

3 Juillet 2015, 14:36pm

Publié par Pascal Collin

Le 8 août 1944, le Falke, un sperrbrecher de 72m de long est au mouillage à portée de natation de l'ile de Groix lorsque des Mosquitos de la RAF déchirent le ciel dété et fondent sur leur proie. Touché par une roquette sous sa ligne de flottaison, le navire sombre sans faire de victime. Il repose depuis sur un fond de 20/25m.

A cette faible profondeur, si la neige sous-marine s'invite parfois dans l'ambiance le soleil de Bretagne vient régulièrement lui aussi embrasser la tôle. Une sympathique plongée à faible profondeur où l'on peut prendre le temps de s'amuser délicatement avec la faune locale... parfois bien cachée.

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Sequana, joyau de proue

9 Juin 2015, 16:42pm

Publié par Pascal

8 juin 1917

Le Sequana, paquebot mixte de 138 mètres de long, est en route pour Bordeaux. Il a quitté Dakar le 28 mai avec à son bord 99 membres d'équipage, 166 civils ainsi que 400 tirailleurs sénégalais en route pour le front et ses tranchées. Dans les cales sont entassées diverses matières premières telles du blé, du sucre, de la laine et du tabac. Vers 3h du matin, le Sequana croise au large de la Vendée à une vitesse de 11 noeuds. Naviguant pourtant sous éclairage faible et feux de navigation masqués, il est repéré par l’UC-72 qui chasse cette nuit-là dans le secteur. L'enfer ne tarde pas à se déchaîner. Une torpille frappe le paquebot sur tribord et fait exploser sa coque. L’eau s’engouffre immédiatement.

Espérant dans un premier temps rallier la côte et échouer son navire, le commandant Prudenti ordonne de mettre le cap vers la terre. Malheureusement, l'eau envahi rapidement la chaufferie puis la machine et noie par là même les espoirs du commandant. Réalisant que son bâtiment n'a plus aucune chance de survivre, Prudenti donne l'ordre de siffler l'évacuation. Les passagers qui avaient été sortis de leur sommeil par la violence de l'impact se dirigent vers les chaloupes. Les gradés sénégalais qui ne parlent pas eux-mêmes parfaitement français tentent d'expliquer tant bien que mal la situation à leurs soldats dont la plupart ne parlent qu'un seul dialecte. Perdus et effrayés certains escaladent la mature, d'autres tentent de se réfugier dans les cabines ou, enveloppés dans leur couverture et serrés les uns contre les autres, demeurent dans les coursives jusqu'au dernier moment. Sur le pont, les canonniers tirent au 75mm à trois reprises en direction de ce qu'ils pensent être leur assaillant mais sans résultat.

A 3h30, ses cales maintenant noyées, le Sequana s'enfonce par l'avant et sombre emportant avec lui 198 tirailleurs, 3 civils et 6 membres d'équipage. Au petit matin, les rescapés posent pieds sur l'île d'Yeu où, pour la première fois ses habitants découvrent des hommes à la peau noire. L’intérêt est tel que toute activité sur l'île sera suspendue durant 24 heures.

Depuis cette tragique nuit le Sequana repose sur le sable vendéen par 45/50 mètres de profondeur au large de l'île d'Yeu, à 6 milles au sud de la Pointe des Corbeaux. Année après année ses structures rongées par l’eau de mer ont subi les assauts des tempêtes hivernales destructrices et quelques coups de chaluts. Si, comme toutes les épaves de la grande guerre, le navire s’est effondré sur lui-même, une superbe forme navale demeure, sa proue ! Couchée sur tribord, elle continue de défier le temps. Son volume imposant ainsi que sa rondeur donnent une idée de ce qu’était le Sequana pour son époque : un beau paquebot de grande taille. La saison de plongée venue elle offre aux plongeurs qui lui rendent visite une vision inoubliable. Près d’elle, un énorme treuil encore accroché à son morceau de pont est renversé sur le sable. Autrefois destiné à relever les ancres à jas, il est encore relié à l’une d’elle, qui, à l’autre bout de la chaine repose également sur le fond.

Lorsque la visibilité est de la partie, prendre du recul est une bonne manière d’apprécier la beauté de cette partie de l’épave. Un peu de poésie subaquatique s’offre alors au visiteur. Se poser 1 minute et contempler la faune qui danse autour de l’acier historique, admirer la lame d’étrave qui jadis fendait la houle et qui aujourd’hui voit se dessiner les vagues sur le sable… S’agenouiller sur le sable blanc du large dans le calme de la profondeur puis remonter de 3 ou 4 mètres et changer le point de vue… On s’y attarderait volontiers de longues minutes, tout en ayant une pensée pour les malheureux qui accompagnèrent le navire vers sa dernière demeure.

Le Sequana et son joyau de proue… mais aussi sa machine, ses chaudières, ses pans de tôles, ses restes de poupe… n’ont pas fini de faire rêver les quelques touristes sous-marins venus depuis la surface pour contempler cette page d’histoire bientôt centenaire.

Un grand merci à mes amis Islais pour la sortie.

 

Retrouvez l’histoire plus complète du Sequana, d’autres navires et les explications de la guerre navale et sous-marine dans la région dans l’excellent livre :

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Yeu, l'aérodrome s'endort

1 Juin 2015, 21:13pm

Publié par Pascal

Le soleil qui a lécher les carlingues toute la journée passe de l'autre côté de l'horizon, une à une les étoiles s'allument dans le ciel et viennent tenir compagnie à la Lune. Les monomoteurs stationnés en bord de piste de l'aérodrome de l'ile d'Yeu se préparent à y passer la nuit... face à l'océan.

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