Regarde la mer

U-171, célèbre loup gris

24 Août 2015, 14:27pm

Publié par Pascal Collin

9 octobre 1942

De retour de sa première mission au large des USA ou il a coulé 3 navires, le U-171 arrive près de Lorient avec 3 heures d'avance. Le commandant décide alors de faire route sans attendre le speerbrecher qui doit lui dégager la voie. Mal lui en prend car vers 13h, à l'ouest de l'île de Groix, son bâtiment croise la route d'une mine magnétique anglaise.

L'explosion lui ouvre une large brèche sur l'arrière et le loup gris s'enfonce rapidement, allant se poser sur 40m de fond. 15 marins arrivent à s'en échapper de justesse, les autres membres de l'équipage sont malheureusement prisonniers de la coque de métal. 17 marins réfugiés dans la salle des torpilles avant arrivent à en fermer les portes étanches. Munis d'appareils respiratoires autonomes, ils arriveront à s'en extirper par un tube lance torpille. 15 gagneront la surface vivants et seront récupérés par les secours.

La page détaillée du U-171 ainsi que d'autres photos sur le site des ANGES

Samedi 8 août 2015

C’est au départ de Lorient par une belle journée d’été qu’avec Jean-Philippe nous nous rendons sur la célèbre épave du U-171. Stéphane assurera notre sécu surface sous un très beau soleil et avec vue sur l’Ile de Groix. Nous basculons dans une eau bleue et limpide mais qui se charge brusquement à -25m. De la neige sous-marine tombe sur le loup gris et limite la visibilité à 6 mètres environ. Elle laisse tout de même bien passer les rayons du soleil. Si Jean-Phi’ a maintes fois plongé le sous-marin, pour ma part c’est la deuxième visite, la première datant de 2009… quand j’étais Niveau 2 (voir le chapitre au-dessus !). Je lui emboite donc le palmage.

De prime abord l’épave est relativement pauvre en faune. Un petit banc de tacauds se promène à l’ombre du kiosque, quelques crabes, un homard mais pas de lieu à l’horizon, la lumière des lampes ne révèle pas non plus mille couleurs au contraire d’autres épaves du secteur. Nous explorons la « ferraille » quand rapidement une petite paire d’antennes attire notre attention. Une langouste ! Puis quelques mètres plus loin, une autre, puis encore une autre ! Certes petites mais bien présentes, elles jalonneront notre exploration pour 2 tours d’épave. Le sympathique crustacé fait effectivement son retour dans les eaux bretonnes. Une bonne série de paliers dans le bleu et retour à la surface toujours baignée par un beau soleil Breton.

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AIDAbella, étonnantes couleurs au TMDC

16 Août 2015, 17:25pm

Publié par Pascal Collin

Lundi 10 août 2015

En escale au TMDC de Montoir de Bretagne, le paquebot AIDAbella illumine les quais de sa livrée originale. Sous le soleil depuis son accostage, le navire voit les nuages arriver en même temps que ses passagers rentrent de balade dans nos contrées. Et c'est au son du Bagad de Saint-Nazaire que tout le monde embarque et que les amarres seront larguées. Bon voyage aux navire et à ses couleurs qui ne doivent sûrement pas passer inaperçues sur les mers.

Merci beaucoup à TGO pour l'autorisation d'accès.

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Anglo Patagonian, explo photo sur le vieux vapeur

31 Juillet 2015, 19:18pm

Publié par Pascal Collin

11 juillet 1917

Venant de passer à l'ouest de l'ile d'Yeu l'Anglo Patagonian, un cargo à vapeur anglais de 120m de long fort d'un équipage de 45 marins, fait route vers Bordeaux. La veille, son commandant, le Capitaine Greenhill, a décidé de quitter le lent convoi dont il faisait partie afin de filer plein sud et ainsi gagner un temps précieux. C'est une belle nuit d'été, la mer est calme et les marins du vapeur esseulé en oublieraient presque qu'à l'autre extrémité de la France la guerre fait rage et qu'en mer le danger rôde, tapis sous la surface de l'eau. Le chargement d'obus et autres matériels militaires est tout de même là pour leur rappeler le conflit. Conflit qui ne va d'ailleurs pas tarder à les rattraper. Car si de telles conditions météo sont agréables pour la navigation et permettent d'augmenter la vitesse de croisière du cargo, elles plaisent également aux sous-marins allemands et à leur commandant l'œil rivé au périscope.

Vers 1 heure du matin, l'Anglo Patagonian est à 15 milles nautiques dans le sud d'Yeu. Les marins ne se doutent pas qu'à portée de torpille l'UC-72, un habitué du secteur, est en embuscade. Il a déjà à son actif plusieurs navires alliés dont le Sequana, torpillé un mois plus tôt à moins de 10 milles de là et qui sert désormais de sépulture à 166 âmes. L'arme sous-marine meurtrière est rapidement lancée et vient frapper de sa violence destructrice le cargo sur son tribord. L'explosion qui secoue le navire est telle que la cheminée et le mât arrière se brisent. Quatre marins sont également tués par la déflagration. L'énorme brèche ouverte par la torpille invite immédiatement la mer à s'engouffrer et le cargo ne tarde pas à prendre de la gîte.

Dans un désespoir guerrier, les marins arment le canon du bord. En vain, le sous-marin reste invisible. Puis quand bien même, l'heure n'est déjà plus à jouer du canon mais à sauver sa vie. Le navire donne maintenant sérieusement de la bande et le commandant a sonné l'ordre de mettre les canots à l'eau. Les marins ont tout juste le temps d'embarquer que le vapeur s'enfonce puis disparait sous les flots. Jusque-là insaisissable, le sous-marin fait alors surface et arraisonne les embarcations afin de soutirer des informations aux rescapés puis les abandonne à leur sort. C'est sous un beau ciel d'été étoilé que le capitaine Greenhill désormais commandant d'une flottille de 3 canots de sauvetage ordonne de gagner la terre la plus proche. L'Anglo Patagonian, son bâtiment il y a encore quelques dizaines de minutes, commence lui sa nouvelle vie d'épave.

 

Lundi 13 juillet 2015

C'est précédé du talentueux photographe Frank Leloire que je descends vers l'Anglo Patagonian. Une fois n'est pas coutume, je serai sur des photos ! Notre grand ami Bruno, modèle sous-marin en devenir, ferme la palanquée. Posé sur le sable vendéen à la profondeur raisonnable de 45m, Le cargo naufragé nous attend, plongé dans l'eau du large quelque peu laiteuse ce jour mais offrant tout de même une vingtaine de mètres de visibilité. La découverte et l’explo photo commencent.

Près d'un siècle d'immersion et l'exploitation à coups d'explosifs de son épave en 1933 ont eu raison des structures et formes navales de l'Anglo Patagonian. Malgré cela et malgré aussi son éloignement des côtes, le vieux vapeur a plus d'un argument à faire valoir pour attirer à lui les plongeurs fans d'acier chargé d'histoire mais aussi de beaux animaux. Malheureusement pas d'hélice visible mais le secteur de barre aux allures de sculpture contemporaine est encore debout. Il est incliné et en partie emmaillé dans un vieux chalut tiré vers la surface par ses flotteurs et remontant de plus de 10 mètres. La ligne d'arbre est par endroits toujours recouverte de son large carter rectangulaire.

A l'autre bout du long cylindre d'acier c'est une mécanique peu commune qui repose couchée. Si les machines à vapeur triple-expansions sont légions sur les épaves de la Grande Guerre, celles à 4 pistons sont rares. C'est donc une "4 cylindres en ligne" qui gît là avec près d'elle ses 4 chaudières attitrées. Autour de ce gros morceau d'épave, dansent lieus, tacauds, congres... sous les yeux des dormeurs, homards et leurs autres colocataires à pinces parfois cachés sous des obus. Destinés à semer la mort sur les lignes ennemies de l'époque, ceux-ci abritent maintenant la vie sous-marine. A l'image des autres navires naufragés du secteur et posés au milieu d'une vaste étendue de sable, l'Anglo Patagonian s'est reconverti en récif artificiel.

Plus sur l'avant quelques pans de tôles et treuils à vapeurs jalonnent la route vers les restes de la proue. Mais il est l'heure de rebrousser chemin, cette petite partie d'épave sera pour une prochaine visite. Et oui, avec deux photographes qui s'amusent sous les yeux de leur "modèle encadrant", parcourir 120m aller et retour de la même épave à -45m était mission impossible.

Une fois de plus un grand merci à mes amis Islais (à l'année et d'été) pour la super sortie sous l'eau, autant qu'en surface.

 

Retrouvez l'histoire plus complète et de belles vidéos de l'Anglo Patagonian sur le site des ANGES (j'y suis donc en photos !!)

Aussi sur papier glacé dans le très beau livre

Plus de photos dans l'album

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