Regarde la mer

PLM 3, désordre d'épave

11 Mai 2016, 19:12pm

Publié par Pascal

Le 15 novembre 1917, le PLM 3, un minarélier de 75m de long transportant 4000 tonnes de houille fait partie d'un convoi de 38 navires venant de Newport et se dirigeant vers Saint-Nazaire. La nuit tombe et les navires passent sous feux réduits. Dans cette nuit sans lune et n'offrant qu'une visibilité réduite, le capitaine du PLM 3 va commertre des erreurs de navigation qui mèneront le navire à sa perte.

Alors que le vapeur et au niveau de l'ile de Groix, n’apercevant aucun autre bâtiment, le capitaine du PLM 3 met même cap au nord pour passer entre l'ile et le continent. Les règles de la navigation en convoi vont rapidement se rappeler au bon souvenir de l'équipage du minéralier qui a sûrement déjà coupé à une ou deux reprises la colonne de navires. Lorsqu'à la passerelle les marins aperçoivent la proue d'un navire il est trop tard. C'est celle du Psyché, un grand charbonnier de 96m de long.

Le choc est violent et la tôle du PLM 3 cède, ouvrant une brèche importante. L'eau s'engouffre et le vapeur ne tarde pas à prendre de la gite. Les marins abandonnent le navire en perdition en montant dans les baleinières. Ils seront récupérés dans la journée par l'escorteur américain USS Corona. Entre temps, le PLM 3 aura sombré à quelques encablures de la côté sud de l'ile de Groix.

Jeudi 5 mai 2016

Reposant sur un fond de sable et de roche, l'épave du PLM 3 affiche une petite profondeur, moins de 15 mètres. Pour le plongeur habitué à suivre sur une épave la logique de la construction navale avec dans l'ordre : proue, cale avant, chaudières, machine, arbre, hélice, safran et poupe...  risque ici d'avoir quelques surprises. La chaudière est plus proche de l'hélice meurtrie que ne l'est la machine. Le safran a depuis longtemps abandonné cette même hélice et repose dorénavant sur l'avant de la machine. Esseulé sur la roche, un immense treuil semblerait presque échappé d'un gros navire moderne. Certains tuyaux de cuivre sont complètement aplatis. On imagine la puissance que la houle hivernale venue du large a exercée sur la carcasse du navire pour déplacer ces éléments et ainsi les ratatiner. Comme si le naufrage du PLM 3 n'avait pas suffit, on a l'impression que son épave a servit de défouloir à Neptune !

Quoi qu'il en soit, cette épave dont les membrures et la rondeur de la poupe dépassent du beau sable blanc groisillon offre une sympathique petite plongée de début de saison, même par une faible visibilité comme celle proposée en ce we de mai 2016.

Une pages détaillée du PLM 3 sur le site d'Anges Plongée

PLM 3, désordre d'épave
PLM 3, désordre d'épave
PLM 3, désordre d'épave
PLM 3, désordre d'épave
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PLM 3, désordre d'épave

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Grace Dahlia, du bleu et de la corne de brume

15 Mars 2016, 20:02pm

Publié par Pascal Collin

Dimanche 6 mars 2016

L'arrivée d'un gros méthanier ne passe jamais inaperçue le long des quais de l'estuaire de la Loire. Si ce méthanier est à cuves Moss, qu'il est parmi les plus imposants de sa catégorie et que sa coque offre une belle peinture, vous avez là de quoi attirer quelques objectifs.

Le Grace Dahlia est de ce genre de beaux navires de transport qui attirent à lui les fans d'acier lourd maritime. Sa livrée bleue flanquée des initiales "NYK" de son armateur "Nippon Yusen Kaisha" captive inévitablement le regard des promeneurs du front de mer. La taille de ses 4 cuves Moss termine de les convaincre du gigantisme du navire.

Mais pour aller épouser le quai du terminal méthanier, le Grace Dahlia a besoin de plus petits que lui : les remorqueurs aux cheminées rouge Boluda et aux puissants moteurs. Une manœuvre entre soleil et grisaille qui comme à l'accoutumée sera effectuée toute en douceur. Exceptionnellement elle se terminera par un concert de cornes de brume. En effet, c'était la dernière du commandant du VB Pouliguen qui une fois de retour au port allait "poser sac à terre" comme on dit dans la marine !

Un grand merci à Boluda Saint-Nazaire pour l'autorisation d'embarquer et aux marins du VB Saint-Marc pour l'accueil à bord.

Grace Dahlia, du bleu et de la corne de brume
Grace Dahlia, du bleu et de la corne de brume
Grace Dahlia, du bleu et de la corne de brume
Grace Dahlia, du bleu et de la corne de brume
Grace Dahlia, du bleu et de la corne de brume
Grace Dahlia, du bleu et de la corne de brume
Grace Dahlia, du bleu et de la corne de brume
Grace Dahlia, du bleu et de la corne de brume
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Grace Dahlia, du bleu et de la corne de brume
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Grace Dahlia, du bleu et de la corne de brume
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Sauvons le Charles Babin

11 Février 2016, 17:44pm

Publié par Pascal Collin

Vous connaissez toutes et tous le Belem, célèbre 3 mâts qui attire les foules à chacune de ses participations à un rassemblement nautique. Ce succès est amplement justifié au regard de son élégance tant à quai que fendant la vague toutes voiles dehors. Les vieilles coques acier aux formes arrondies et à la tôle rivetée se font rares dans notre pays, trop rare même. Qu’elles aient eu un passé civil ou militaire, ceux qui en sont responsable ont la fâcheuse et malheureuse tendance à sous-estimer la valeur historique, voire économique (car de nos jours cette notion semble primer sur tout pour les décideurs de tous poils) que représentent ces vieux navires au riche passé. J’en veux pour preuve la pauvre Jeanne d’Arc, ambassadrice de notre Marine Nationale durant des décennies et qui, le moment de la retraite venu, fût lâchement cédée aux ferrailleurs. A défaut de devenir un musée, une fois désamiantée elle aurait pu se voir offrir une deuxième vie en étant immergée sur un beau fond de sable en mer d’Iroise ou Méditerranée. Colonisée par la faune et la flore elle serait devenue l’une des plus belles et des plus convoitées des épaves d’Europe, attirant de nombreux plongeurs et faisant la joie de quelques commerces locaux. Mais non. Elle qui avait fait la fierté de tant de marins et leur famille est actuellement à l’agonie, torturée et démembrée par les chalumeaux oxycoupeurs. Une misère !


Si pour « la Jeanne » il est trop tard, il est un élégant navire de servitude qui est encore sauvable et chacun d’entre nous peut y contribuer. Il s’agit du baliseur Charles Babin. Construit en 1949 aux Chantiers de la Loire à Nantes et d’abord baptisé Pierre Durepaire, le navire à la coque en acier riveté de 49 mètres de long a mené une longue et vénérable carrière. Durant 64 ans il a inlassablement relevé les bouées et leurs chaines permettant à ses marins leur entretien. A la retraite depuis 2013, il n’en reste pas moins une figure de Saint-Nazaire, son port d’attache. Mais vous l’avez lu au paragraphe précédent, l’état à qui il appartient n’a que faire des passés, aussi glorieux soient-ils et le Charles Babin doit être vendu. Il serait tellement malheureux que ce soit au prix de la ferraille !


Bien décidés à éviter ce triste scénario, quelques passionnés menés par Charles Raffin-Caboisse, un ancien bosco du Belem, se sont mis en tête de sauver le Charles Babin. Ils ont élaboré le projet d’offrir une deuxième vie, de voilier, à l’ancien Baliseur. Transformé en « 3 mats barque », le Charles Babin embarquerait, en plus de son équipage, des scientifiques et leur laboratoire afin d’aller étudier les océans du globe. Voilier au design unique, il deviendrait à coup sûr un nouvel ambassadeur de notre marine à voile. Mais ceci n’est qu’un court et incomplet résumé du projet, une description en mots et en images se trouve au lien ci-dessous… ainsi que la possibilité de participer au projet, même pour une petite somme. Mais que ce soit juste pour quelques Euros, vous vous offrirez la grande fierté d’avoir contribué à sauver ce patrimoine et imaginez, le plaisir pour vos yeux lorsque vous l’apercevrez voguant le long de nos côtes, gréement dans le vent. Alors n’hésitons plus, sauvons le Charles Babin !

Cliquez sur le Charles babin et accédez au projet

 

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