Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 11:55
Saison 2009

Cette saison, il y a un bateau bleu sur lequel j'ai passé pas mal de temps. Chargé de nombreux blocs, de kg de plombs, de plongeurs et de plongeuses, le fringuant semi-rigide a fendu la vague pour nous emmener loin des cotes parfois même au milieu de nulle part. Heureusement plus solide que certains des estomacs qu'il embarquait, il nous a toujours ramenés à bon port sans encombre et à bonne allure.

La saison touchant à sa fin, je plonge dans les quelques extraits de ces sorties et je les assemble afin de me remémorer les bons moments passés à bord. Au menu : soleil, paquets de mer, bonne ambiance et bien sûr le bleu du ciel, de la mer et du Bulle de Jade 2 !

Let's rock and roll !!!


Par Pascal Collin
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 15:53
Saison 2009

Je suis un terrestre, un bipède qui s'aventure régulièrement sous la surface de l'eau mais je reste un animal fait pour vivre à l'air libre et qui est formaté comme tel. Admirant les beautés sous-marines je me surprends régulièrement à les comparer, les associer à celles de la terre ferme, surtout pour en décrire les couleurs.

Justement, question couleurs, cette saison mes iris auront admiré presque toutes celles de l'arc en ciel. Les corynactis y ont grandement participé, faisant rimer exploration des profondeurs avec explosion de couleurs, du jaune citron au rouge fraise en passant par le vert pomme.

Un sens en appelant rapidement un autre, il m'est souvent arrivé de les affubler d'un parfum, un de ceux qu'on trouve chez les marchands de glaces... D'ailleurs ces derniers n'ont pas autant d'imagination que ces superbes  anémones. Le mieux dans tout cela est que je suis loin d'en avoir fait le tour.

Alors en attendant l'année prochaine, régalez-vous de ces couleurs marines aux parfums terrestres.


Framboise

Caramel au beurre salé (fleur de sel de Guérande !)


Menthe chocolat


Pistache

sur coulis de cassis...

Violette, c'est la mode des parfums de fleurs

Café liégeois

avec un fond de grenadine... bof...

Pomme, fruit de la passion et framboise...

Menthe blanche et son zest de menthe verte

Vanille

soupoudrage d'éclats de noisette !

Chataigne

Citron !


Vivement l'année prochaine qu'on se régale à nouveau !
Par Pascal Collin
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 21:24
mardi 27 octobre 2009

11h, j'arrive au quai de la douane, c'est là que j'ai rendez-vous avec une partie de l'équipe de PlongEpave et plus largement quelques représentants de l'ASEB Plongée un club de Quimper. La première tournée de zodiac est déjà en route, je suis le premier arrivé de la deuxième, j'en profite pour me promener quelques minutes le long des quais de "ma" ville. Je respire l'air iodé de Pen Ar bed, ça fait du bien. Fanch et Christian, un plongeur du Nord, arrivent à leur tour, première discussion autour d'un verre puis Benjamin téléphone : Ils ont trouvé l'épave du matin, ça commence à remonter, on peut s'équiper. Nous filons donc vers les coffres de voitures préparer le matériel et enfiler le neoprène.

Le petit semi-rigide ne tarde pas à accoster, Les plongeurs débarquent leur matériel, Ben, mon contact chez PlongEpave, avec qui j'ai échangé quelques mails, me tend la main. On ne s’attarde pas en palabres, nous sommes plutôt à la bourre, il faut embarquer.


La barge de la digue ouest

Le trajet n'est pas long, nous sortons du port et filons vers la digue du port de guerre. Je jette un oeil au quai des flottilles ça me rappel le bon temps passé à bord d'un aviso A69. Benjamin m'informe que l'épave sur laquelle nous allons est au bout de la digue ouest. Elle est du genre méconnu, non répertoriée, c'est un ami militaire qui leur a donné le point et il vont la découvrir eux aussi. Alex, à la barre, nous approche de la bouée et nous nous mettons à l'eau.

Ben, caisson à la main, prend la tête, je le suis, Fanch et Christian s'immergent juste derrière nous, ils prendront des mesures. C'est une descente dans le bleu, la visi est extra. L'épave est étalée sur un fond de 22 mètres à peine. Un bordé, le fond ainsi que la poupe sont encore visibles. Quelques autres pièces remarquables sont dispersées sur le site : un petit réservoir, une belle ancre à jas posée près d'un guindeau, une bitte d'amarrage. Nous découvrons dans le sable de petites pièces en céramique. Ben me fait comprendre que ce sont d'anciens bouchons de bouteilles. Quelques revers de mains pour essayer de dénicher une bouteille mais non, si il y en a elles sont ailleurs ou ont été remontées par des prédécesseurs.

Puis vient pour moi le moment de m'intéresser un peu aux habitants du coin. Les phallusies règnent sur les lieux, suivies de près par les roses de mer. Quelques dragonnets me dévisagent. Sur un bout de tôle des corynactis cotoient des éponges encroûtantes. Je croise la route de deux congres, des dormeurs ensablés se croient invisibles. Fraises de mer, 2 ou 3 vieilles, ophiures et splendides pattes d'oie égaient aussi le site. Une blennie, toujours aussi photogénique, a pris pour domicile un squelette d'oursin avec à l'entrée, une jeune pousse de rose de mer.

Une photo de groupe prise par Ben puis nous prenons tous les quatre le chemin de la surface en passant par 5 minutes de palier. Le soleil brille c'est plus que l'heure d'aller manger, ça tombe bien mes deux biscottes du petit déjeuner sont passées depuis bien longtemps...


Chaland 356

Un jambon beurre expédié, un peu de thé au miel et nous reprenons la mer, cap sur l'anse du Dellec où gamin, je venais souvent me baigner. L'épave de l'après-midi est un chaland réquisitionné sous l'occupation allemande. A l'époque, en plus de construire grand nombre de blockhaus les Allemands armaient tout ce qui flottait ou presque afin de défendre la rade des attaques alliées. Il en résulta une flotte à l'allure hétéroclite dont une bonne partie finit au fond de la rade, coulée par l'aviation anglaise. Le chaland 356 s'était vu pour sa part affublé de 4 tubes lance-torpilles, d'un canon et d'une mitrailleuse. Il fut envoyé par le fond un jour d'été 44. Il repose depuis à 10/12m de profondeur, plutôt bien conservé.

Nouvelle descente dans le bleu. Ben, plaque de dessin à la main me précède, derrière moi Fanch semble parti pour une simple explo touristique, c'est aussi ce que je compte faire. En surface, Alex qui vient de perdre son masque est condamné à faire la sécu. La "boîte" est en bon état, posée sur le sable. La partie supérieure est colonisée par les laminaires. Trois des quatre tubes lance-torpilles sont encore en place. Ils sont d'une taille impressionnante. Ont-ils eu l'occasion de servir ? Nous longeons le bordé au niveau des hublots et passons sur l'arrière... ou l'avant (?) où mon regard est attiré par un couple de crimoras. 50cm sur la gauche, une faille dans le bordé laisse entrevoir l'intérieur du chaland. Une échelle et le compresseur nous attendent. Celui-ci était destiné à alimenter les lance-torpilles. Nous remontons jusqu'au pont supérieur dont il ne reste que les renforts, cherchons une ouverture assez grande puis pénétrons à l'intérieur.

Les 2 rangées d'épontilles alignées dans le bleu offrent une bien belle perspective. De magnifiques spirographes ondulent dans le léger courant. Je palme sur des oeufs car le fond est recouvert de vase et le moindre coup de palme un peu appuyé fait soulever un nuage de particules. Benjamin s'affaire sur sa planche, je prends donc le temps de m’intéresser aux animaux du coin. Sur le fond, quelques coquilles Saint-Jacques passent le temps en filtrant l'eau. J'en effleure une petite qui se met à virevolter et vient se cogner contre moi. Des ophiures beiges se promènent, tout comme de gros bernard l'hermite. Une étrille passe d'une épontille à une autre à grands coups des gesticulations. Je m'attarde sur les renforts de bordés, ils abritent des dormeurs bien calés dans la tôle. Un peu plus micro, du superbe corail jaune solitaire presque aussi fluo que celui du grand trou. Du corail dent de chien est aussi présent en bon nombre. Un dernier coup d’oeil sous un caisson tombé des tubes et mon regard croise celui de quelques petits tacauds.

L'heure tourne, la luminosité baisse, il faut regagner l'air libre. Alors que nous rentrons au port le soleil se couche au milieu du goulet de Brest. Sortir le bateau, se changer, un débriefing autour d'un café et c'est l'heure pour moi de rentrer à Saint-Nazaire, heureux de ma journée passée en compagnie de passionnés. J'espère que nous aurons l'occasion de nous recroiser.


Le site de PlongEpave. Vous y trouverez, ente autre, de la matière sur les 2 épaves citées ci-dessus.
http://www.plongepave.com/


Le chateau de Brest et la préfecture maritime. En arrière plan, le pont de Recouvrance


Barge de la digue ouest

Un casier abandonné est venu se blottir contre la tôle







Une kro concrétionnée !




Fraise de mer

Une patte d'oie

Voyez-vous la pince ? Regardez bien, derrière le tacaud... un homard se planque




Chaland 356


Les tubes lance-torpille



Le compresseur



Une étrille qui va prendre son envol !





Une ophiure se promène sur une coquille Saint-Jacques

Du corail jaune solitaire





Le soleil se couche sur le goulet de Brest
Par Pascal Collin
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 17:17

Dimanche 18 octobre 2009

Assis sur le tribord du Bulle de Jade 2, à quelques secondes de la bascule arrière, j'ai déjà l'esprit sous l'eau. C'est alors qu'un petit animal à plumes vient se poser tout près de moi sur un flexible du bloc de secours. Sûrement bien fatigué, il profite de croiser notre route pour faire une halte et reprendre quelques forces. Je te laisse te reposer tranquillement, ami aillé, l'arrière du Ville de Rochefort m'attend, je dois y aller.

Mise à l'eau dans le courant, un peu d'aide pour atteindre le mouillage et nous nous immergeons sans attendre. Accroché au bout, en drapeau et sur le dos, je descends en regardant Dominique qui a un peu de peine à franchir les 10 premiers mètres. La palanquée précédente ne nous a pas menti, il y a du jus ! Nous arrivons sur de la tôle que je ne reconnais pas. C'est un endroit de l'épave que je n'ai pas encore visité. A genoux, bien calé pour ne pas me faire embarquer, je commence par accrocher le parachute au grapin. Je dégage la chaîne, je gonfle et le tout s'en va rejoindre la surface. La visi est moyenne, je regarde quelques secondes autour de moi pour chercher un morceau remarquable mais pour l'instant apparaissent seulement quelques renforts et un peu de tôle plane. Ah si, j'aperçois une forme cylindrique, je prends dans sa direction.

L'explo démarre à contre courant. Nous avançons au milieu des tacauds qui, comme nous, rasent le fond. Nous devons être à l'extrémité arrière car il y a plus de roche et de sable que de tôle. Seuls quelques débris jonchent le fond. Une araignée bien décorée trône sur un bout d'épave, une blennie me regarde passer, un dormeur à demi ensablé tient compagnie à un congre. Les gorgones ploient sous la marée montante. Nous arrivons sur de la roche, je continue un peu, il n'y a plus de ferraille. Ah si, un morceau dépasse du sable. Quelques revers de main pour le dégager, on ne sait jamais je vais peut-être découvrir un objet de valeur. Je suis en compagnie de la trésorière du club c'est peut-être un signe, je vais trouver une pièce d'or ! Mais non, c'est juste un petit morceau plat. Durant quelques secondes j'ai connu le frisson du chercheur de trésor !

Le courant est maintenant un peu moins fort. Nous repartons vers la tôle. Les morceaux sont de plus en plus gros. Un bout de bordé, le secteur de barre et sa biellette qui valent à eux seuls leur lot de coups de palmes (ça remplace la rencontre avec un poulpe). Puis j'aperçois la ligne d'arbre. Ca y est je suis en terrain connu ! Nous la remontons jusque la machine où Dominique me montre qu'elle est presque sur réserve. Trois dernières minutes, le temps d'un point de vue et il est temps de remonter.

Au palier, ce que j'espérais se produit, une des nombreuses grosses méduses aperçues depuis la surface est à 3 ou 4 mètres de nous. Bien sûr je ne résiste pas et je les parcours pour observer cette magnifique Rhizostome s'ouvrir et se refermer avec grâce. De retour à bord du Bulle de Jade 2, j'apprends que le petit pouillot véloce(*) s'en est allé, vers le sud certainement. Nous quittons le site à notre tour, direction le Pilier pour un sandwich bien mérité puis retour à la maison... Didier, DP dévoué, nous a encore assuré une chouette virée !

* : Merci à oiseaux.net










Une trésorière dans le courant

Une partie du mécanisme de barre







Par Pascal Collin - Communauté : Photos sous marine en bretagne
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