Regarde la mer

¡ Los Goretos !

23 Août 2009, 11:24am

Publié par Pascal Collin

samedi 22 août 2009

"Aujourd'hui on plonge en Espagne ! A Los Goretos." Joël, dit "Jojo", le DP du matin, est d'humeur espagnole. Il va nous en faire quelques unes, des blagues, pendant la sortie. Ca a le mérite d’égayer l'atmosphère et de nous faire oublier le gris du ciel. Météo France avait annoncé une belle matinée mais il faut se rendre à l'évidence : le super calculateur s'est un peu trompé... Tout le monde est à bord, le Wet & Sea se met en route dans la bonne humeur, direction donc le Golfe du Morbihan (celui de Gascogne ça faisait finalement un peu loin) pour une plongée sur le site appelé Les Gorets, un beau tombant à l'abri de l'Ile Longue ("Long Island" en anglais nous précise Jojo). Il y en a pour 10 petites minutes de bateau, juste le temps d'admirer les tourments du courant, provoqués par l'eau qui s'échappe d'ar Mor bihan.

Le semi-rigide jaune et gris maintenant accroché à une bouée, nous écoutons, les oreilles grandes ouvertes, l'histoire "El sombrero". Puis vient le briefing teinté d'humour et surtout bien complet. J'apprends aussi que je vais plonger avec Stanislas, un gars à la coupe de cheveux ressemblant beaucoup à la mienne. Nous terminons de nous équiper, petite vérif de matos, bascule avant (ça change !), un beau canard et l'explo peu démarrer. Stanislas, qui connaît déjà le site, prend la tête. Tombant épaule droite nous descendons tranquillement dans la zone des 20 / 22 mètres. Le début de l'explo ne nous écarquille pas les mirettes. C'est sombre... et oui, le ciel est gris... Quelques étrilles se planquent à la lueur des lampes, un rouget qui s'arrête de fouiner à mon passage, de belles marguerites et surtout, des cailloux et encore des cailloux, pas vraiment de tombant. Nous sommes trop bas ! Ce doit être le pied du tombant, il faut remonter.

Quelques coups de palmes et nous gagnons la couche au dessus, déjà un poil moins sombre, le spectacle peut commencer. Une épineuse aux couleurs éclatantes, des bouquets d'anémones jaunes toujours aussi photogéniques, des congres tous potes avec du dormeur, des crevettes ou des inachus. Il faut croire qu'ici ces derniers préfèrent la protection du congre à celle de l'anémone. Je lève la tête, un dormeur, bien calé dans un trou me dévisage de ses yeux verts. A quelques centimètres, c'est une galathée aux yeux cernés de bleu qui m'observe. Ce ne seront pas les seuls de leurs genres. Blennies, éponges tube de fer, axinelles étoilées, flocons pédonculés, ... il y a de tout ou presque ! Sur la route du retour, nous remontons encore un peu et c'est l'occasion de voir de jolies astérines déambuler sur le goémon frisé. Un dragonnet lyre se croyant invisible ne bouge pas une écaille. Nous croisons quelques mulets juste avant d'arriver à l'ancrage de la bouée où des balistes nous accueillent. C'est la première fois que j'en aperçois, je suis ravi ! Une dernière minute à jouer avec une dame âgée enrobée, très enrobée même, et nous prenons le chemin de la surface via 3 minutes de palier.

Nous remontons à bord juste à temps pour écouter "El baton', el coton' el badigeon'" pendant qu'un peu plus loin les tourbillons d'eau continuent de faire danser les plus petits voiliers. Ce n'était, certes, pas la plus ensoleillées des sorties mais elle valait son pesant d'humour, de bio et de spectacle. La conclusion est la même que la dernière fois : ¡ No vacile, vaya allá !


Post plongée : Une sympathique balade le long du golfe sous un ciel enfin dégagé.




Le voyez-vous, l'inachus ? En bas à droite !








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Corse version PMT

14 Août 2009, 21:17pm

Publié par Pascal Collin

Eté 2009

Simplement assis au bord de l'eau, à palmer à la surface, en s'accrochant à 2 / 3 mètres ou en plombant un peu, il y a des merveilles à découvrir à chaque niveau.
Laissez le néoprène et l'air comprimé à terre, gonflez bien vos poumons et ouvrez les yeux... bien grand car certains habitants des lieux ne se voient pas au premier coup d'oeil. Posez-vous au fond, laissez les venir à vous, poussés par leur curiosité naturelle.
Pas de mano ni d'ordinateur à surveiller, pas de palanquée à suivre ou à diriger, juste les battements de son coeur à ralentir un peu.
Le bonheur dans tout ça c'est que c'est l'apologie du calme et de la lenteur. Se mettre au diapason des lieux en quelques sortes...





















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Le bombardier de Calvi

12 Août 2009, 15:44pm

Publié par Pascal COLLIN

jeudi 30 juillet 2009

Il est à peine 9h00, le soleil chauffe déjà la peau, les combis sont à moitié enfilées, le matériel est chargé dans le semi-rigide, il va faire bon sur l'eau. Nous démarrons de l'Ile Rousse, il y a donc une petite demi-heure de navigation jusqu'au pied de la citadelle de Calvi. C'est là qu'un B17, le
N° 42-31044, s'abîma le 14 février 1944 après avoir été touché par la chasse allemande alors qu'il effectuait une mission sur l'Italie. Une petite pensée pour les 3 hommes d'équipage qui y sont restés.

Le centre de plongée qui nous emmène est tenu par un couple d'allemands et leur fille. Des allemands qui organisent des plongées sur un bombardier américain immergé en France, c'est un amusant clin d'oeil à l'histoire ça. Et justement, le boss, un grand moustachu, a la blague facile et va en lâcher 2 ou 3... avant de reprendre son sérieux car nous approchons de la zone. Et là on retrouve le sens organisationnel germanique (le cliché c'est pour la blague hein !). Le briefing est bien rodé, on s'équipe, le lâcher de touristes en néoprenne (faut savoir reconnaitre son statut de la matinée) va avoir lieu.

Dernière vérif de matos habituelle, bascule arrière et c'est parti. Richard en tête, Patricia, plongeuse rennaise, en bleu jusqu'au bout des palmes (en méditerranée on pourrait croire à une tenue camouflage), et moi, descendons vers l'oiseau d'aluminium. Ca bulle déjà pas mal dans le secteur. Il y a du monde. Comme prévu c'est presque du tourisme de masse à cette époque. Je vais pas me plaindre... je participe au phénomène... Je vais juste pester un peu contre ceux qui labourent ! D'ailleurs l'eau n'est déjà plus très claire. Faudrait que je revienne hors saison mais là je vais faire avec.

La vue d'ensemble est impressionnante. Nous approchons et frôlons l'aile droite, passons devant le cockpit, sur sa gauche et filons vers l'arrière. Richard est cool, il me laisse prendre la tête pour faire le tour, je vais prendre mon temps. Je survole l'arrière puis je pique à la verticale pour aller m'engouffrer dans son ventre qui abrite quelques apogons. De là on distingue le poste de pilotage à l'autre bout. Nouveau survol de la partie avant puis petite inspection de l'aile gauche. A l'extrémité un serran écriture se fait nettoyer. Je me retourne de temps en temps pour voir si tout le monde suis et si je ne suis pas au milieu d'une autre palanquée. Signes OK, c'est bon on continue. Demi-tour vers les moteurs, Tiens un congre laisse dépasser sa queue de la carlingue. Allez, je vais lui épargner le "tirage de queue", il doit déjà y avoir droit 50 fois par jour. Richard reprend la tête, nous passons près des moteurs droits puis sous l'aile. Il faut partir, laisser la place à d'autres palanquées. 5 petites secondes pour inspecter un dernier recoin, un dernier regard à l'avion et je me tourne vers mes compères pour les suivre.

J'ai l'impression de démarrer une deuxième plongée : une petite explo des blocs au pied de la citadelle. Je ne m'attends pas à rencontrer quoi que ce soit de particulier vu le monde qui doit passer par là. Quelques bans de sargues, de belles éponges, c'est beau mais effectivement assez commun. Tiens, un magnifique serran écriture qui m'expose sa belle tâche bleutée. Ne bouge pas... dans la boîte ! Quelques apogons, toujours aussi orange, fuient l'objectif presque à chaque fois ! Puis nos regards sont attirés par quelque chose de plus gros. Nous approchons doucement, Richard se planque derrière un rocher, une superbe dorade royale nous fait face. Je m'attends à ce qu'elle déguerpisse en nous voyant mais non, du moins pas dans la seconde. Elle approche vers nous à bonne allure, tourne sur sa droite puis s'en va à grands coups de caudale.

Je lève la tête, au dessus le soleil brille toujours, nous savourons les derniers bars de nos blocs (avant réserve !) à regarder la faune fixée mais il faut maintenant remonter sinon le grand moustachu et les autres palanquées vont nous attendre. Je sors de l'eau une fois de plus tout sourire, c'était une plongée bien sympathique et surtout moins convenue que prévu.

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