Regarde la mer

Littorina obtusata

21 Mars 2010, 18:21pm

Publié par Pascal Collin

Dimanche 21 mars 2010

Coquille jaune citron et petits yeux noirs, tout le monde l'a déjà croisé au détour d'un rocher. Souvent bien caché il passe la marée affairé à brouter sur son algue brune préférée. Si les touristes et les enfants l'appellent souvent "bigorneau jaune", ce petit coquillage lumineux a pour vrai nom commun "Littorine Obtuse". Le jaune lui allant particulièrement bien il lui arrive aussi d'arborer l'orange, le brun ou encore le vert.

Le vert, justement, c'est la couleur d'un de ses pires ennemis, le crabe vert et enragé, concurrencé par les autres crabes du coin et les oiseaux du secteur dans la traque de notre brave petit gastéropode. Mais quoi qu'il arrive au bout de trois années de vie aux plaisirs hermaphrodites il n'en restera plus que la coquille... qui fera le bonheur d'un collectionneur en culotte courte... ou d'un bernard-l'hermite au goût prononcé pour la couleur.

Source : Le DORIS

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Pennou Pell, plan B givré.

10 Mars 2010, 17:34pm

Publié par Pascal Collin

Dimanche 7 mars 2010

La température annoncée à l'ombre et à l'abri du vent est aux environs de 0°C. A 9h00, quai de la douane, à l'ombre, pour sûr nous y sommes, mais pas à l'abri du vent. Du coup, la sensation de froid est du genre sibérienne ! Les bateaux de pêche amarrés en face ont eux la chance d'être sous le soleil. Courage, il faut se changer. Heureusement la bonne humeur est de la partie. La journée épaves de la Cote des Légendes ayant été annulée pour cause de coup de vent de Nord-Est, Ben et Alex nous ont organisé un plan B en rade de Brest.

Ben nous explique que L'épave sur laquelle nous plongerons s'appelle "Le Provençal" car située à l'endroit où celui-ci, un remorqueur, a coulé le 18 juin 1940. Il paraîtrait néanmoins que les dimensions de l'épave contredisent son nom. Au moment d'embarquer nous profitons à notre tour des rayons du soleil. Une sensation de chaleur presque estivale... balayée dès les premiers mouvements du zod' et totalement oubliée une fois sortis du port. Là, le premier paquet de mer à 8 ou 9°C nous rappelle que l'été est encore bien loin.

Quelques minutes plus tard, Alex, gants de ski aux mains nous indique que nous sommes sur le point. 3 ou 4 cercles pour distinguer une forme au sonar et nous jetons l'ancre qui s'en va rejoindre le fond. Yannick et Manu, 2 Angevins venus exprès jusqu'ici pour chopper un rhume basculent en premier. Ils ont pour mission d'aller vérifier que nous sommes bien sur de la tôle.  5 minutes s'écoulent, ils ne remontent pas c'est que c'est bon, Ben, Patricia et moi allons les rejoindre.

30 mètres plus bas, l'épave est bien là, posée à l'envers. Tout près d'elle un reste de vaisselle regarde passer les ophiures présentes en très grand nombre. Par endroits le fond en est tapissé. La forme de la coque se distingue nettement au fur et à mesure que nous progressons. L'avant est encore parcouru par sa lisse. De grandes ouvertures laissent percevoir un ban de tacauds, habitants des lieux. L'épave abrite une faune plus que digne d'intérêt. Gorgones, oursins, éponges, corail dent de chien, corynactis, spirographes... j'ai même droit à un alcyon en fleur. Sur l'arrière, la forme de la quille est nettement visible, accompagnée, semble-t-il d'un morceau de gouvernail.

Le DP avait annoncé "Une plongée sans palier" et nous arrivons au bout de la courbe de sécurité il faut donc regagner la surface balayée pas les vents... retour au port  pour laisser la place aux courageux de la deuxième fournée, un plat chaud bien mérité et il est déjà temps de prendre la route sous le soleil d'hiver.
Même s'il était givré, voilà un plan B qui valait bien un plan A.

Post plongée : Ai-je raté un morceau du briefing ? Mes oreilles étaient-elles gelées ? Ou alors le DP avait gardé volontairement le mystère ? En tout cas, le nom de l'épave est finalement "La barge de Pennou Pell", même si elle est effectivement située sur le lieu du naufrage du Provençal qui lui a été féraillé et dont il ne doit plus rester grand chose.
Plus d'infos sur la fameuse barge avec en prime les impressions de Manu descendu en 1 :
La barge de Pennou Pell par Plongépave

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Levenvale. Eau bleue, tôle brune et sable blanc

8 Mars 2010, 08:48am

Publié par Pascal Collin

Samedi 6 mars 2010

Il ne fait pas bien chaud, le vent se lève mais le ciel se dégage et vire au bleu franc. Après plusieurs annulations, la première plongée salée de l'année arrive enfin. Le port de départ, le Koréjou, n'a pas été choisi par hasard. Ce samedi ils mettent le cap sur l'épave du Levenvale, un cargo qui battait pavillon du Royaume Uni. Le 20 septembre 1884 il talonna une roche de la côte des légendes et s'en alla sombrer face à la plage du Vougot sans faire de victime si ce n'est sa dernière cargaison, 1000 tonneaux de ciment qu'il devait livrer à Poti en Géorgie.

C'est donc sous un soleil d'hiver que Patricia, Alex et moi, suivis de 2 autres palanquées, allons explorer cette épave encore peu connue car redécouverte en avril de l'année dernière. Première bascule arrière de l'année dans une eau flirtant avec les 8° Celcius, nous nous retrouvons au mouillage, Alex prend la tête, avec Pat nous le suivons. Nous descendons 14 mètres à peine et découvrons le Levenvale bruni par le temps, posé sur un fond de sable blanc et entouré d'eau bleue. L'ensemble a un rendu particulièrement esthétique. Le ciment que le navire transportait, solidifié par des années d'immersion, lui a permis de traverser les décennies sans s'effondrer sur lui-même. Bien sûr il a subi les assauts de la météo et les furies des nombreuses tempêtes depuis 1884 mais les bordés sont encore là ainsi qu'une partie de l'échantillonnage.


Les laminaires, ayant colonisé la partie supérieure de l'épave, participent à l'ambiance. Sur l'arrière ce qui reste de l'hélice et de sa cage sont encore surplombés par la poupe bien droite. Sur une partie du pont toujours présente, l'hélice de secours impose de prendre un peu de hauteur, surtout lorsqu'elle est recouverte de laminaires. La chaudière de belle taille trône au milieu de l'épave. Ses foyers abritent quelques poissons. Sur bâbord une pièce de machine plantée dans le sable attire le regard du plongeur. Sur l'avant, une ancre à demi ensablée tout comme un chaumard 2 mètres plus loin. La proue, légèrement inclinée nécessite de prendre du recul pour en apprécier les formes arrondies.


Un nouveau tour vers l'arrière et le froid nous commande de remonter. Les autres palanquées nous suivent de près. Le vent a encore forci, il faut rentrer au port se mettre à l'abri et se réchauffer. Nous laissons derrière nous le Levenvale, l'eau bleue et le sable blanc... mais c'est sûr je reviendrai goûter à cette ambiance graphique et surtout admirer certaines merveilles que le beau sable blanc s'amuse à couvrir et découvrir au fil des marées et qui étaient cachées cette fois-ci.


Merci à BRP pour les infos sur l'historique du Levenvale qui ont complètées celles données par le Korejou.

512751395142Plus courageuse que ses compagnons de palanquée qui sont en étanche,
une plongeuse en combinaison humide dans une eau à 8°C !514351455148515151555159516251635169517851825173518551865190519151965206Plus de photos dans l'album  Levenvale

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