Regarde la mer

Plateau du Four, festival bio au Bonen numéro 3

28 Juin 2010, 16:18pm

Publié par Pascal Collin

Dimanche 27 juin 2010

En cette période de vaches maigres de la plongée, je m'étais résigné à passer le we à sécher à terre.
Mais non. Mes amis de Subaquavia m'ont fait une petite place sur le boudin du "Rouge"(1). Un ticket pour le Plateau du Four et une plongée sur le tombant coté Bonen 3. Celui-ci offre de bien belles perspectives et surtout, est connu pour abriter une faune à faire tourner la tête de n'importe quel plongeur bio.

C'est en compagnie de Laurence, plongeuse Subaquavienne et d'Alain, comme moi immigré mais du GAP, que je bascule, direction le spectacle de dame nature mouillée. On nous avait prévenus, l'eau est verte ! Mais je m'attendais à pire. Les premières minutes sont largement trustées par les gorgones et les alcyons. Il y en a partout. Bien à l'abri du tombant, nous progressons en pente douce dans le vert, slalomant dans le relief tourmenté et au milieu des gorgones les plus grosses et des cliones. En tête de la palanquée, j'imprime un rythme de sénateur qui semble largement convenir à mes 2 acolytes. Je me retourne de temps en temps et presque à chaque fois ils ont le nez dans la roche. Un trio de fouineur ! La faune fixée explose. Alcyons jaunes et rouges, placard de corynactis aux livrées multicolores, éponges de toutes sortes, tubicoles plus timides... Toute la faune fixée de la région s'est donnée rendez-vous sur le tombant.

Puis tout s'emballe devant nous. Les antennes rouges commencent à danser, annonçant une paire de pinces bleues dans les 50cm avoisinants. Un homard, puis deux, puis trois ! Du dormeur, une blennie à chaque virage, une petite cigale de mer, des œufs de calamar, un quatrième homard, une raie torpille, du corail jaune, une autre petite cigale qui elle semble prendre la pose sur un tapis de corynactis ! Les coquettes femelles et les cténolabres zigzaguent dans le faisceau des lampes. Une magnifique coquette mâle expose ses couleurs devant un tapis de corynactis vertes. Les inévitables tacauds se planquent dans les failles et quelques vieilles au style débonnaire nous regardent passer.

Mais au fur et à mesure que les yeux s'écarquillent, les blocs, eux, se vident. Il faut songer à remonter. Un lâcher de parachute dans le courant et nous faisons surface. "C'était une chouette plongée" lâche Laurence. Alain et moi somme bien sûr du même avis. Impression partagée par les autres palanquées. Un verre de Sauvignon pour fêter ça et nous prenons le cap de La Turb'. Merci encore pour la sortie !

(1) Je l'ai toujours entendu être appelé comme cela. A-t-il un autre nom ?!

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0046007900530057L'image se resserre

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Une blennie lomo !

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La Turballe, couleurs de pêche... pêche aux couleurs

19 Juin 2010, 22:06pm

Publié par Pascal Collin

Samedi 19 juin 2010

Week-end à terre mais balade au bord de l'eau. Une fin de journée à admirer les couleurs des bateaux dont, justement, la spécialité est de sortir celles du fond de la mer. On voit que cet hiver les pinceaux ont chatouillé les coques. Ca sentirait presque la peinture fraîche !

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Plus de photos dans l'album Couleurs de pêcheurs

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Kléber, cuirassé de légende en mer d'Iroise

8 Juin 2010, 17:04pm

Publié par Pascal Collin

Mercredi 27 juin 1917

Le Kléber, cuirassé de 130m de long pour 7700 tonneaux, rentre d'Afrique Occidentale et se dirige vers Brest, son port d'attache. Son commandant, le capitaine de frégate Lagorio, prévenu des risques de présence de mines flottantes a donné l'ordre de naviguer avec prudence. Vers 5h du matin, alors que le jour se lève et que le navire est en approche du goulet de Brest, la vigie signale une mine à bâbord. Immédiatement, les yeux se braquent sur celle-ci... mais c'est à tribord que le danger sournois frappe. En effet, une deuxième mine explose contre la coque ouvrant une large brèche entre les chaufferies et une soute à charbon.

L'eau s'engouffre ! Sous la pression de celle-ci les portes étanches cèdent les unes après les autres, noyant compartiment après compartiment. Le cuirassé prend de la gite sur tribord et commence à piquer du nez.. Malgré tout, Lagorio ne s'en laisse pas compter. Il donne l'ordre de mettre le cap sur Le Conquet tout proche afin d'y échouer son navire, seul moyen de le sauver. Mais la marche en avant ne fait qu'empirer la situation. L'eau pénètre de plus en plus et le Kléber, sérieusement blessé, doit être mis en panne en attendant les secours.

A 6h15, l'Inconstant ayant capté le SOS du Kléber, arrive sur zone et tente par trois fois de le prendre en remorque. Mais les hélices du cuirassé sont déjà presque hors de l'eau et toute tentative d'un tel sauvetage est vouée à l'échec. A 6h30, alors que les vagues lèchent déjà le pont, Lagorio donne l'ordre à son équipage d'abandonner le navire. Le commandant sera le dernier à quitter son bâtiment. Vers 7h00, au milieu d'une flottille de sauvetage, le Kléber, maintenant envahi par la mer d'Iroise, s'enfonce définitivement par l'avant, bascule sur tribord et va se poser à l'envers sur un fond de sable et de roche à 45 / 50 mètres. C'était sa dernière mission, il avait rendez-vous avec le triste sort du désarmement et du ferraillage. Malheureusement pour 38 des 568 hommes d'équipage, le destin en aura décidé autrement...


Dimanche 6 juin 2010

Le ciel se dégage doucement au-dessus de Camaret. Un groupe de 13 plongeurs embarque sur l'Eclat, destination le lieu ou se joua le drame du 27 juin 1917. Nous avons rendez-vous avec le Kléber, devenu depuis une épave de légende. Une heure et demie de trajet, quelques roulis et tangages ainsi qu'une rencontre "furtive" plus tard nous arrivons sur le point, du coté du Conquet et de l'île de Beniguet. Ben et Alex font le briefing, nous nous équipons et les premières palanquées se mettent à l'eau... Saut droit !

Une descente à toute vitesse le long du mouillage avec Ben et André et les premières images du cuirassé s'affichent sur nos rétines. Celles-ci s'habituent au manque de luminosité. En descendant nous avons traversé une couche de particules, du genre de celles qui aspirent les rayons du soleil. Mais là, l'eau est claire. Le Kléber, maintenant épave bien abîmée (car malheureusement finalement ferraillée), vaut son pesant de paliers à venir. Le spectacle est impressionnant, grandiose et presque étourdissant. Nous sommes au milieu de l'épave et nous survolons les entrailles de la machine. On ne sait où regarder tellement il y a de pièces remarquables. Tuyauteries, vannes, engrenages, échangeurs, vilebrequin, porte étanche... Il y a de tout. Nous passons sur tribord et longeons la coque où de belles gorgones filtrent le léger courant. Là encore, de nombreuses pièces parsèment le terrain.

Tout en continuant notre progression vers l'avant nous repassons au centre, puis à bâbord. Nous avons la même idée en tête : voir une des tourelles et ses canons de 164mm. Mais à cette profondeur, l'air file vite et il déjà temps de faire demi-tour. Alors que Ben et André tournent les palmes, je fais 2 mètres de plus et je l'aperçois, la tourelle ! Nous resterons 20 secondes à l'admirer (le temps de 3 photos encore plus floues que le reste...) puis il est vraiment temps de retourner vers le mouillage. Le DP a dit 16min max au fond et nous y arrivons... Le mouillage est en vue.

Un dernier coup d'œil au Kléber puis nous entamons la remontée orchestrée par les paliers alors que d'autres palanquées descendent à leur tour. Nous aurons exploré à peine un quart du géant, fraction d'épave synonyme de nouvelles visites en perspective. Retour à bord de l'Eclat, la tête chargée de souvenirs en plus de l'azote, la journée n'est pas encore terminée... Le Swansea Vale nous attend.

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Une des portes étanches ?

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Des oeufs de calamar (géant ?!) pour Frédérique et Catherine

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Nous survolons les obus... que je n'avais pas vus sous l'eau !

6937Une tourelle et ses 2 canons de 164mm, à l'ombre de la coque...

Grosse résistance à la photo !

69406944694869506952695869717084L'Eclat, le bateau de Léo 7078 Lomo

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