Regarde la mer

Notre Dame, un vendredi 13 à 45°

13 Août 2010, 18:02pm

Publié par Pascal Collin

Lundi 12 novembre 1973

Le Notre Dame, chalutier concarnois depuis 1958, année de sa première immatriculation, a été racheté quelques jours auparavant par un armateur grec qui compte bien l'envoyer au pays d'Alexandre le Grand. Ce matin d'hiver 1973, il quitte donc définitivement son historique port d'attache avec à son bord un tout nouvel équipage... qui n'aura pas le temps de l'apprivoiser. Le chalutier n'a pas atteint les Glénan qu'il talonne une roche ouvrant une large brèche et sombre en quelques minutes. L'équipage, sous la protection de Poseidon, sera repêché sain et sauf quelques heures plus tard. Quant au Notre Dame, chalutier qui ne voulait pas voir s'envoler ses deux "C", il repose désormais à 27 mètres sous la surface, posé à 45° sur le bordé Bâbord, entre Bénodet et les Glénan. On croirait presque que ce 12 novembre 1973, le dieu grec des mers et des océans lui a laissé le choix de sa destinée...

Vendredi 13 août 2010

Une journée dans le sud Finistère et une plongée avec l'ASEB, club quimpérois où évoluent certains de mes bons amis plongeurs. Bascule arrière depuis le haut franc bord de l'Emwell, avec André nous descendons vers le Notre Dame. Ben m'a promis "Tu verras, c'est une des plus belles plongées du coin".

Nous arrivons au milieu de l'épave, sur le bordé tribord. Le Chalutier, malgré ses seuls 29 mètres de long, impressionne. Après ses presque 4 décennies d'immersion et autant d'hivers à subir les tempêtes bretonnes il est en très bon état. André prend la tête et me fait faire le tour. Je découvre la proue avec une partie de son bastingage encore à poste, le petit brise lame sur le gaillard avant, une manche à air abrite un congre. Nous arrivons au niveau du pont dont les lattes de bois sont encore presque toutes à poste. L'inclinaison à environ 45° ajoute un plus à l'ambiance de l'épave. Nous slalomons entre les accès aux cales, bouches rectangulaires grandes ouvertes. Je ne résiste pas et plonge à l'intérieure. Le premier coup de palme de travers et l'inévitable nuage de vase envahi l'espace. Je ressors et derrière moi on croirait que de la fumée s'échappe du panneau.

Appareil au point je tente de mitrailler au grand angle mais l'eau moyennement claire ne séduit pas vraiment le compact. Nous passons l'énorme treuil qui ne relèvera plus aucun chalut puis traversons ce qu'il reste de la timonerie. Les tacauds et les coquettes nous dévisagent. C'est d'ailleurs une des particularités de cette plongée : J'ai l'impression d'être suivi par un ou deux couples de coquettes. A chaque fois que je me retourne il y en a près de moi !

Nous terminons le premier tour par le beau point de vue qu'offre l'hélice encore à poste derrière le gouvernail, sur lequel un spirographe trône fièrement. Juste au-dessus, une ouverture dans la poupe permet d'apercevoir le secteur de barre et la mèche de gouvernail. Nous longeons le bordé tribord en partie basse, colonisé par les corynactis et les roses de mer et faisons une halte pour inspecter la brèche qui participa au naufrage.

Puis commence le deuxième tour. Cette fois-ci je lève le nez un peu plus en l'air. La mature dans le contre jour est magnifique. Un lieu me surveille 2 mètres au-dessus. Nous retraversons toute l'épave jusqu'au mat arrière qui lui est tombé et sert d'abri à un petit banc de tacauds. Nous remontons en longeant l'arrière de la timonerie puis prenons le chemin de la surface. Si les 45° d'inclinaison de pont invitent à rester, les 12° de la température de l'eau contredisent un peu les sens. Quant au palier qui s'inscrit maintenant sur l'écran de l'ordinateur il commande malheureusement de mettre fin à la balade... du vendredi 13.

Historique d'après PLONGEVAVE
La description de l'épave y est également plus complète.

Notre Dame

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Marne, eau claire et dimension grand angle

1 Août 2010, 07:12am

Publié par Pascal Collin

Samedi 31 juillet 2010

Le ciel est désespérément gris. Seules deux ou trois trouées laissent le soleil inonder de lumière et de chaleur la surface de l'eau sur laquelle notre beau bateau file à vive allure. Nous allons visiter le Marne, un cargo qui croisa malheureusement la route de l'UC-61 le 28 juin 1917 à 7 Milles au large de Noirmoutier. Pétardé dans les années 30, le cargo, posé à 25/30m offre, parfois dans de l'eau claire, de belles pièces aux yeux des plongeurs qui lui rendent visite.

Et justement de l'eau claire, c'est ce qui nous attend une fois passés les quelques mètres de tambouille qui collent à la surface. Comme Christophe et Annick avaient dit, il y a de la visi ! Avec Didier en tête et 230 bars bien sonnés sur le dos à la mise à l'eau nous effectuons un beau tour de l'épave. Equipé pour la première fois d'un grand angle je me lâche sur la tôle. La machine bien sûr, avec son énorme piston basse pression, les chaudières, la mèche de gouvernail qui semble vouloir atteindre la surface de l'eau, les ballasts et leurs mailles au travers desquelles on voudrait se faufiler, les treuils plantés dans le décor, les grosses ancres Marel, le canon de 90,... L'eau claire invite à aller toujours plus loin, à ne jamais arrêter la visite. Nous prenons même le temps d'aller longer le tombant qui flirte avec le tribord avant. Puis c'est l'inévitable remontée et la séance de palier dans la particule.

Dans le monde du dessus, le ciel est toujours gris. Le pique-nique sur le bateau, pas de Sauvignon car pas de tire-bouchon (à ajouter dans la trousse de premiers secours !) Puis nous mettons les gaz vers Préfailles. Dire que la sortie a manqué d'être annulée faute de participants... Ca aurait été vraiment dommage de rater ça, n'est-ce pas ?!

0801C

Didier survole l'hélice de secours
0629C0632CLa mèche de gouvernail
0638C0650C0654CLes ballasts du Marne
0659C0661CArrivée sur la machine
0665CPour Manu et Ben, un beau planaire rayé
0669CNon ce n'est pas une chaudière... c'est un (gros) piston
0670 NBC0672C0678C0683C0692CInspection réglementaire de la chaudière
0693C0697C0702CPresque la même photo que l'année dernière
0707C0711CLe canon de 90, l'ancre de secours, une bitte double et de la tôle !
0721CLes ancres encore dans leurs écubiers
0729CUn gobie léopard... moins dangereux que dans la savane
0733CUn compas géant ?
0735CUn peu à l'écart, quelques tôles plantées dans le sable blanc et hantées par des lieus
0736CLa ligne d'arbre traverse le champ de débris du Marne
0761CEt un sablier presque neuf croisé au retour pour terminer
0794C
D'autres photos dans l'album Marne

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