Regarde la mer

Inachus, grand timide aux petits yeux rouges

28 Juillet 2011, 19:30pm

Publié par Pascal Collin

Mimétique, souvent caché au fond d'une anémone, parfois dissimulé dans l'anfractuosité d'un rocher de l'estran ou encore sous la protection d'un congre, l'Inachus n'est pas de ceux qui vous sautent au masque pour afficher leurs écailles colorées ou leurs pinces musclées. Non, ce n'est pas son style et notre ami garde bien ses petites pattes toutes fines et ses minuscules yeux rouges à l'abri des regards curieux ou affamés.
 
Comme tous les timides du même genre, il faut bien souvent le chercher pour espérer le surprendre dans sa planque ou tout juste l'apercevoir. Les yeux du plongeur ont en effet plutôt tendance à se braquer sur bien plus gros et surtout plus voyant que lui. Certes, il est moins impressionnant qu'une quadripale presque centenaire posée loin des côtes ou qu'un homard des profondeurs venant vous goûter de ses longues antennes. Pourtant, avec sa carapace en triangle couverte de mousse, ses pinces arrondies et ses deux billes rouges il demeure un petit animal sympathique qu'il serait dommage de snober durant toute une vie de plongeur... même si on est un grand adorateur de la tôle de fond.
 
Pour l'admirer, nul besoin d’aller jusqu’à réaliser une fouille en règle de toutes les anémones vertes que dame nature mettra sur votre chemin. Les prochaines fois que vous croisez la gueule d'un congre faisant la sieste dans sa tanière, détachez-vous les yeux du bleu et passez à plus petite échelle. Il y a des chances que de minuscules yeux rouges et de longues pattes toutes fines apparaissent alors. Là, juste sous votre nez... c'est l'Inachus !

Ne jouez pas les blasés de la plongée ou les mondains de la promenade aquatique, faites lui un signe de main amical, il vous répondra sûrement d'un (inaudible) claquement de pince ou d'un (invisible) clin d'œil rouge. Sauf à être totalement hermétique aux amitiés sous-marines, c'est une rencontre que vous n'oublierez jamais !

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SN1 D, sous la menace du sable blanc

16 Juillet 2011, 21:16pm

Publié par Pascal Collin

Dimanche 10 juillet 2011

C'était la première plongée de la journée aux abords de la bouée SN1. Une journée pleine de promesses de belle visi, de belle tôle de fond, de faune exubérante... 15 mètres après la bascule arrière, l'inquiétude surgissait en même temps qu'une épaisse couche de particule marron. Les yeux avaient tout juste le temps de s'humidifier que l'eau redevenait claire, ouf !

Arrivée à l'extrême avant de l'épave. La proue, posée à l'envers, nous fait face. Elle qui jadis fendait les vagues semble dorénavant affronter le sable qui la menace de recouvrement. Nous parcourons tranquillement ce morceau dépave qui mesure à peine 15 mètres et termine sa course en plongeant dans le sable. Rien d'autre en vue. Un congre qui chasse est certes un spectacle intéressant mais nous sommes là pour voir un peu plus que cela. Alignés dans l'axe navire, nous nous élançons dans l'inconnu en quête de la partie arrière. Prenant quelques mètres d'avance sur Lydie, ma binôme du jour, j'aperçois une ombre d'épave puis de la tôle. C'est alors qu'une silhouette particulière vient vers moi à belle vitesse, décrit une courbe serrée devant mes yeux puis s'éloigne aussi vite qu'elle était venue tout en battant furieusement des nageoires pectorales et caudale. Un mola-mola !

Pensant "Si on ne le revoit pas, on ne va jamais me croire !!!", j'attends ma binôme et nous continuons la balade sur les restes de l'arrière en prenant de la hauteur. SN1 D, épave de cargo, est posée à l'envers. Son bordé de fond est en meilleur état que ce que nous avons l'habitude de croiser dans le secteur. Il masque presque entièrement l'intérieur de l'épave. Si les déchirures dans la tôle laissent apparaître les chaudières, la machine reste invisible. Mais le constat principal qui prévaut ici est l'ensablement général. Une partie entière de l'épave est sûrement cachée sous le sable ! Le site a des allures de film post-apocalyptique, il est en plus hanté par un poisson lune !

Nous descendons au plus bas pour jeter un œil à l'intérieur des cales. Ici aussi le sable blanc a pris place. Par endroit la voûte s'élève quelque peu mais l'espace est tout de même trop juste pour y pénétrer entièrement sans danger... Nous continuons le chemin vers l'arrière et éclairons un ballast. Nos faisceaux de lampes sont accueillis par un homard musclé qui nous tourne le dos et s'en va se cacher plus loin dans son antre. Je lève les yeux et que vois-je ? Mon apparition de tout à l'heure ! Cette fois-ci je ne suis pas le seul à l'admirer. Armé d'un grand angle, impossible d'en sortir une photo correcte. Le poisson lune passera le reste de la plongée à venir nous saluer furtivement puis s'éloigner avant de revenir à nouveau.

C'est l'arrivée sur l'extrême arrière. La quadripale a souffert, le gouvernail a disparu. Ensablé lui aussi ? Je me pose à genoux sur le sable et je profite d'un de mes spectacles favoris : une poupe inclinée, avec son hélice à demi sertie dans sa cage et quelques tacauds pour parfaire le tableau. Dans de telles occasions j'ai le sentiment d'admirer une œuvre d'art ancienne dans un musée (presque) inaccessible... mais la contemplation ne peut malheureusement s'éterniser, il faut s'en aller, les heures de visites sont toujours trop courtes !

Nous commençons à remonter et le mola nous approche une dernière fois comme pour nous saluer. A 20 mètres, la couche marron est toujours là, 5 mètres plus haut nous retrouvons le bleu pour l'inévitable séance de décompression, épilogue d'une étonnante plongée.

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T2447D'autres photos dans l'album
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