Regarde la mer

Le Grand Trou, à l'ombre du tombant

23 Septembre 2012, 09:45am

Publié par Pascal Collin

Dimanche 9 septembre 2012

Descendez le long du mouillage, celui-ci vous dépose sur le plateau à -30m. Deux coups de palmes vers l'ouest et vous êtes au bord du tombant. Là, le Grand Trou vous fait face. Basculez et enfoncez-vous dans le vert sombre de l'estuaire de la Loire. Mais attention, surveillez votre profondeur car par endroits, celle du tombant dépasse la limite autorisée, là où le plongeur à l'air ne peut plus suivre les Tacauds, congres, homards et tous leurs amis filants vers les abysses de ce grand trou planté là au milieu de nulle part.

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Thérèse et Marie, géantes à vapeur dans la nuit sous-marine

17 Septembre 2012, 20:30pm

Publié par Pascal Collin

Dimanche 9 septembre 2012

Visite du Thérèse et Marie, un vapeur qui, le 20 août 1917, sombrait au large de l'estuaire de la Loire, victime d'une torpille ou d'une mine allemande. Posé à un peu moins de 40 mètres de profondeur sur le beau sable du large, son épave est devenue une des plus belles du secteur.

Lors de son naufrage, le Thérèse et Marie avait les cales vides. Ici, point de charbon ni de minerai de fer pour casser les contrastes de la tôle, de l'acier et de la fonte sur sable. Si la coque a bien fondue, il reste de magnifiques morceaux posés sur le fond de la mer et qui attendent les visiteurs humains pour leur en mettre plein la vue.

Ayant quitté la surface baignée de soleil, nous traversons malheureusement une épaisse couche de particules filtreuses de lumière. Arrivés au fond, l'eau est claire mais l'ambiance bien sombre. Nous visitons d’abord les restes de la poupe avec son hélice et son appareil à gouverner à demi ensablés. Remontant la ligne d'arbre, nous tombons sur une gigantesque machine accompagnée de ses deux énormes chaudières, géantes à vapeur, surmontées du condenseur. C’est assurément la plus imposante zone machine que mes yeux aient vue jusqu'ici ! L'endroit occuperait volontiers à lui seul presque une plongée entière

Nous contournons les gros cylindres et prenons le chemin de l'avant. Plantés sur le sable, deux gros treuils nous barrent la route. Tout près d'eux, le mât de charge avant gît lui aussi couché sur le sable. Les antennes rouges ne tardent pas à s'illuminer sous nos lampes pour nous retenir quelques minutes... se seront les dernières de cette plongée sur le Thérèse et Marie. La proue sera pour une prochaine visite.

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D'autres photos dans l'album
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Cairnstrath, de la poupe à la proue par gros coeff

7 Septembre 2012, 18:55pm

Publié par Pascal Collin

Samedi 4 août 1917

Le Cairnstrath était un vapeur de 85 mètres de long, sorti d'un chantier naval de Newcastle en 1888. La nuit du 3 au 4 août 1917 il naviguait en convoi au large de la Vendée, remontant depuis l'Espagne jusque l'Angleterre avec un chargement de minerai de fer. Malheureusement, cette même nuit, l'UC-71 était en chasse au large de l'estuaire de la Loire. A son commandement, Raynold Saltzwedel allait une fois de plus semer la terreur parmi les marins alliés et remporter deux nouvelles victoires en seulement quelques heures.

Après avoir torpillé le cargo Aube, envoyé par le fond à quelques miles à l'Ouest de Noirmoutier, le sous-marin allemand repérait le convoi venant du sud, synonyme pour lui de proies potentielles. L'œil rivé à son périscope, Saltzwedel ordonna le tir d'une torpille qui s'en alla exploser contre la coque du Cairnstrath. Le vapeur sombra instantanément emportant avec lui 21 marins et n'épargnant qu'un matelot. Celui-ci sera repêché de longues heures plus tard, transis de froid et terrorisé. Il aura de justesse échappé au même sort que ses compagnons.

Retrouvez l'histoire plus détaillée du Cairnstrath dans l'excellent "Naufrages dans l'estuaire de la Loire" d'Alain Foulonneau et André Meignen.


Dimanche 2 septembre 2012

Une descente à l'étale de basse mer de ce beau coefficient de 97 et c'est l'épave du Cairnstrath qui semble s'être rapprochée de la surface. La tôle historique qui à l'accoutumée avoisine les -30m se trouve comme par miracle à 24 mètres de profondeur à peine. Quelques mètres de gagnés pour un gain non négligeable de temps de plongée.

Avec ma célèbre binôme au masque rose nous ferons tranquillement le tour des restes du vapeur. Arrivant au niveau de l'hélice de secours, nous commençons par la zone arrière. Hélice quadripale avec son reste d'étambot et sa ligne d'arbre, secteur de barre, treuils... cette moitié d'épave n'est pas avare en trésors de passé maritime. En contournant les restes de l'appareil à gouverner, le visiteur a même droit à un élément un peu moins commun. C'est le canon de poupe qui, comme pour de nombreux cargo de l'époque, équipait le Cairnstrath. Le 4 août 1917, celui-ci ne lui aura été d'aucun secours.

Nous passons sous l'étambot et remontons la ligne d'arbre. Un treuil et à nouveau l'hélice de secours jalonnent le chemin. Puis, une grande masse sombre nous fait face. C'est la machine à vapeur triple expansion du Cairnstrath. Posée bien droite, celle-ci est des plus impressionnantes. Près d'elle, sur bâbord, son volant d'inertie trône posé parmi quelques débris mécaniques et des morceaux de minerai de fer.

Nous contournons la mécanique et ce sont deux gros cylindres qui en imposent. Tournée vers l'avant, la chaufferie et là elle aussi. Nos regards se portent vers les chaudières. Elles sont à la mesure de la machine. Les tubes à fumées et les tirants résistent à la corrosion et à l'encroûtement. Un banc de tacauds a élu domicile dans le quartier et tourne autour des chaudières au fur et à mesure que nous évoluons. A aucun moment les rayés ne s'éloigneront des cylindres de tôle.

Quelques coups de palmes et nous voilà sur ce qui ressemble, comme sur le Lesto, à un désert de roches. Ici aussi c'est du minerai de fer. Seuls, quelques morceaux de tôle et tuyaux torturés émergent de la cargaison répandue sur le fond. L'exploration des ruines de la cale avant par faible visibilité pourrait vite tourner à la boucle interminable !

A l'autre extrémité de ce champ de roches, un amas de chaîne concrétionnée posé devant un premier treuil annonce l'arrivée sur les restes de la proue. Là c'est une surprise. Cachées derrière le guindeau, on s'attend à trouver comme à l'accoutumée des ancres Marell. Mais non ! Si le Cairnstrath a été envoyé par le fond en 1917, sa construction date de 1888, époque où les navires étaient encore équipés d'ancres à Jas. Ce sont donc deux belles ancres de marine style anciens qui trônent à l'extrême avant de l'épave du Cairnstrath. Collé au guindeau, une petite machine rappelle qu'à cette époque, la vapeur trustait les mécaniques et les forces motrices.

Un dernier coup d'œil d'ensemble, une nouvelle traversée du no man's land de minerai, un dernier tour de la machine, une rapide exploration de la limite bâbord du site où le sable écrase la tôle et nous laissons le Cairnstrath reposer en paix là où il s'était posé le samedi 4 août 1917.

Le Cairnstrath sur Plongepave

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Cairnstrath T2161 

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Cairnstrath T2144NB

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