Regarde la mer

Vesper, 110 ans après son naufrage

29 Mai 2013, 14:00pm

Publié par Pascal Collin

Samedi 18 mai 2013

Dans la nuit du 2 novembre 1903, le Vesper un cargo de 100 mètres de long, remontait d'Oran avec sa cargaison de vin. Alors qu'il croisait près de l'Ile d'Ouessant, une brume épaisse trompa son capitaine et le vapeur vint déchirer sa coque sur les écueils de la pointe de Pern à quelques dizaines de mètres de l'endroit où le Teucer avait sombré 18 ans plus tôt.

Le naufrage du Vesper ne fit pas de victime. Au contraire, il mit en avant le courage de Rose Héré, une ouessantine qui se jeta à l'eau pour aider les naufragés perdus au milieu des rochers battus par la houle. Pour cet acte de bravoure, La jeune fille fut d'ailleurs décorée.

110 ans après le naufrage du Vesper, son épave accuse les décennies de tempêtes bretonnes. Ici, la houle qui se jette sur la roche ne laisse que peu de chance à la tôle rivetée. Les restes torturés du vieux vapeur, étalés dans une vallée entre 20 et 35 mètres de fond en témoignent. La mèche de gouvernail tordue affiche le poids des tempêtes qui sont passés ici depuis 1903. A une de ses extrémités, le secteur de barre et un des seuls éléments qui dépassent des débris de tôles rivetée.

L'hélice meurtrie et acculée contre la roche peine à faire dépasser une pale du relief. Celle de secours repose un peu plus loin dans le paysage de roche et d'acier. Elle est à l'image du reste de l'épave, très intégrée au décors. Ligne d'arbre, chaudières, quelques pièces de pont, quelques tôles recouvertes de laminaires... Le vesper fait maintenant corps avec les fonds de la pointe de Pern où il termina son existence de navire 11 décénies plus tôt.

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Vesper T5787

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Teucer, de faille en faille en eau claire

23 Mai 2013, 19:30pm

Publié par Pascal Collin

Samedi 18 mai 2013

Le Teucer était un cargo britannique qui jaugeait fièrement 2057 tonneaux pour presque 100m de long. Alors qu'il remontait de Singapour en direction d’Amsterdam, le vapeur vint se perdre dans la houle et dans la brume. Sa coque rencontra une roche au sud ouest de Ouessant et le Teucer sombra rapidement du coté de la pointe de Pern, laissant juste le temps à ses marins de sauver leur vie. C'était un matin de printemps, il y a longtemps, le dimanche 31 mai 1885.

Depuis cette date, le Teucer, étalé entre 18 et 43 mètres de fond, occupe à lui seul trois belles failles séparées par des tombants couverts de laminaires. Bien sûr l'épave a subit les assauts du temps et de la météo mais, surtout, s'est joliment intégrée au paysage en pente plus ou moins douce. Parmi les éléments remarquables il est à noter son immense chaudière. Grande ouverte aux deux extrémités elle peut accueillir une palanquée tout entière. Plus bas, c'est un entrelacement de poutres d'acier, de structures en tout genre et même d'un beau morceau de bordé de fond. La petite chaudière auxiliaire, des tuyaux, des briques de charbon, un reste d'étambot et d'appareil à gouverner...

Le nouvel équipage du cargo n'est pas avare en intérêt lui non plus. Si vous êtes en veine, il se peut que "Randy", le dauphin solitaire aimant les eaux ouessantines vous accompagne jusqu'aux premières tôles. Les coquettes et les vieilles, curieuses vous suivent sur des mètres et prendraient presque la pause. La faune fixée foisonne, dont de belles gorgones blanches. Les laminaires, qui ici poussent jusque 25 mètres de profondeur donnent une ambiance mouvante à l'ensemble. Ils baliseront d'ailleurs la fin de plongée sur les hauts d'un tombant où évoluent quelques lieus jaunes. Dernière vision de l'immense site du plus que centenaire Teucer.

Voyez le guide en haut à droite sur la photo
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Les canons du HMS Resolution

14 Mai 2013, 18:20pm

Publié par Pascal Collin

Novembre 1759

Depuis 1756 les ennemis héréditaires sont plongés dans la Guerre des sept ans. En ce mois de novembre 1759 la tempête fait rage sur la Bretagne depuis plusieurs jours. Fuyant le blocus anglais et profitant d'une brève accalmie, la flotte française partie de Brest fait cap au sud. Malheureusement ses voiles ont été repérées par les Anglais et la poursuite est lancée.

Le 20 novembre, en baie de Quiberon, dans une mer formée par un vent glacial, les premiers poursuivants anglais, plus rapides, ont leurs proies en vue. Sous les ordres de l'amiral de Conflans, la flotte française rompt la formation pour prêter main forte à son arrière garde. Les navires anglais, eux, se rangent déjà en ligne de front. Avec près de 50 navires engagés, des centaines de canons et des milliers d'hommes, la bataille qui s'annonce marquera son époque et restera dans les livres d'histoire.

En début d'après midi le vent souffle de plus en plus fort rendant les manœuvres d'autant plus difficiles pour ces vaisseaux lourdement armés. Vers 14h30 les navires de têtes anglais rattrapent l'arrière garde française à hauteur du Plateau des Grands Cardinaux. Les premiers boulets de canon sont échangés alors que la flotte française n'est toujours pas en ordre de bataille.

L'amiral Edward Hawke ordonne à ses troupes de faire feu de tout bois. Dans la houle, les navires de la Royal Navy remontent les lignes françaises tout en échangeant des bordées avec elles. Sur le théâtre des combats la confusion s'installe en même temps que les vents tournent. En plus de livrer bataille contre l'adversaire, les navires doivent affronter de très mauvaises conditions de mer. Certains vaisseaux sont victimes des canonnades meurtrières, d'autres démâtent sous l'effet du vent, d'autres encore embarquent tellement de paquets de mer dans des manœuvres trop hâtives qu'ils sombrent emportant avec eux des centaines de marins.

A 17h, la nuit tombe et met fin aux combats qui ont coûté la vie à près de 3000 hommes dont 2500 français. La flotte française est sévèrement défaite. Le Soleil Royal, son navire amiral, est d'ailleurs en feu. Les vaisseaux qui n'ont pas sombrés ou qui n'ont pas été fait prisonniers sont réfugiés et bloqués à l'embouchure de la Vilaine. Seuls sept navires ont réussi à s'echapper de la baie de Quiberon.

La flotte anglaise n'est pas non plus épargnée. La nuit qui s'installe ajoute au risque de naufrage sur les plateaux rocheux du secteur. Le HMS Resolution va ainsi fracasser sa coque sur le Plateau du Four en face du Croisic. Malgré l'effort de ses 600 marins, le navire et ses 74 canons se perdent dans l'eau glacée. C'était le 20 novembre 1759, ce qui devait s'appeler la Bataille des Cardinaux prenait fin.


A l'été 2012, André Meignen et Philippe Niatel, sur les indications d'un ami chasseur sous-marin, découvraient des canons qui, après tout ce temps, n'attendaient plus la visite de quiconque. Puis, rapidement, ce fut une cloche qui se livra. Les inscriptions relevées sur cette dernière indiquèrent le nom du navire sur le pont duquel elle rythmait jadis le temps et les manœuvres. Après plus de 250 ans passés loin des hommes le HMS Resolution venait d'être retrouvé.


Dimanche 5 mai 2013

C'est par une météo bien plus clémente que lors de la bataille des Cardinaux que nous rendons visite au HMS Resolution. Mon guide est Philippe Niatel, un des co-inventeurs de l'épave. Etalée sur un large périmètre implongeable en une seule fois, celle-ci semble montrer la lutte que les marins anglais ont livré pour sauver leur navire. Sans doute ont-ils passé par dessus bord plusieurs canons dans l'espoir de le déséchouer. La zone que nous explorons ce jour expose justement une vingtaine de canons. Témoins d'un temps révolu, ils sont posés tels des joyaux sur le beau sable coquillé du plateau du Four.

Près d'eux, ici un boulet, là un élément de structure, une pièce inconnue... Le site renferme sûrement des trèsors d'archéologie navale. Visiter un tel lieu historique qui plus est dans une eau d'une telle clarté fut une immense chance. Merci Philippe pour la visite guidée.

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