Regarde la mer . com

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Des photos de plongées, de navires, de ports, de la faune salée... le tout au gré du temps et des saisons.


Amoco Cadiz

Publié par Pascal Collin sur 16 Juin 2009, 14:33pm

Catégories : #Epaves

mars 1978, Portsall

"Vous le voyez, les enfants, le grand bateau échoué ?"

J'ai encore en mémoire cette vue, depuis Portsall (je crois), où mes parents nous avaient emmenés, mon frère et moi,  voir le grand bateau échoué. A l'époque j'avais 7 ans, les souvenirs sont donc assez restreins. A coup sûr, à l'époque je n'imaginais pas que je retournerais voir ce grand naufragé (non, pas d'insulte, après tout ce n'est pas de sa faute, c'est de celle des hommes) réduit, ou grandi, plutôt, au statut d'épave. Une des plus grandes au monde, sans doute.


Dimanche 14 juin 2009

Une brume à couper au couteau sur la route qui me conduit du Vougot jusqu'au port du Koréjou où j'ai rdv au centre de plongée du même nom pour une plongée que j'attends depuis pas mal de temps. La bronzette en mer ce ne sera pas pour ce matin (gast !)
Les blocs gréés, les combis enfilées et on embarque sur l'Avel-Vor, un semi-rigide propulsé par 225 chevaux. C'est parti pour 1/2 heure / 40 min de navigation. A bord il y a des Îslais, ou Ogiens, enfin des gars de l'île d'Yeu quoi ! Ils rigolent dur en tout cas. Il y a aussi des "44", un peu plus calmes.
Nous passons tout près de l'île vierge et de son célèbre phare... dont on ne distingue pas la pointe à 83m pour cause de brume. Les îslais chambrent sur la météo, c'est de bonne guerre. On croise aussi quelques voilier, au moteur car il y a pétole. Ca, par contre, c'est tout bon.

On arrive sur site, il y a déjà un zod'. Ah non, pas du tourisme de masse hein ! Et c'est parti pour un petit moment à la recherche de l'arrière du géant. Le patron, Jeff, à l'accent du coin (rien que pour ça je suis content de revenir ds le 29 !) galère un chouïa et se fait chambrer par le Yeu's club. Du coté du 44 c'est le mal de mer qui commence à venir. Puis la phrase tant attendue arrive enfin "Vas-y Perrine". La Miss, accroupie à l'avant lâche enfin la pioche (ça devait commencer à être lourd) qui s'en va chatouiller l'Amoco. Entre temps, le premier zod' commence à récupérer ses plongeurs mais un autre s'est pointé. Le soleil, aussi commence à montrer le bout de son nez... de temps en temps.

Tous à l'eau et en avant pour l'explo tant attendue. Perrine en tête va trimbaler ses 4 touristes dont moi. La descente pile poil sur l'arrière. Impressionnante, la muraille. Le safran dépasse à peine du sable. La bête, pas mal abîmée, a quand même de belles choses à montrer. Mats, panneaux de pont, écubiers, treuils, échelles qui plongent dans les entrailles, nappes de câbles, etc... Les laminaires dansent sur les superstructures couchées.

J'avais lu qu'il n'y a aucune vie sur l'Amoco. Certes ce n'est pas un nid à poissons mais en s'arrêtant un peu on observe de la belle faune fixée (éponges petit-oeuf, spirographes, fraises de mer, ascidies, corynactis, flocons pédonculés oranges...) Il y a aussi un peu de poisson (en l'occurrence un petit lieu jaune). De plus, point de tourisme de masse, l'épave est tellement grande que ce n'est pas la crise de l'explo, à cette époque de l'année du moins.

La promenade se termine sur un goût de trop peu, je m'en doutais mais il y a tellement à voir qu'une plongée est loin de suffire. Il faudra revenir.

Perrine sort le parachute... juste avant de s'apercevoir que le mouillage nous tend les bras. Tous au palier. Oui tous, nous nous retrouvons tous au palier en même temps, sans compter que certains, venus du bateau voisin, squattent notre mouillage. Belle bataille de palmes à l'arrivée. Et voilà, il ne reste plus qu'à rentrer au port sous un soleil qui se montre maintenant de plus en plus. Une douche chaude, un café offert par Koréjou et je retourne au Vougot.

A la prochaine, la grosse épave.


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siratus 07/08/2011 23:37


Je pensais à ton reportage quand hier, j'ai vu à la télé (FR3?)les images d'un pro sur cette épave. Je me suis dit que je connaissais déjà !
Bonnes bulles, Pascal.


Pascal 08/08/2011 22:08



Oui, j'y ai plongé en juin 2009. J'étais équipé de mon premier compact. Il faut que j'y retourne avec mon reflex. A chaque fois que je plannifie cette épave, la météo fait des caprices . L'Amoco est plongeable seulement par petit coefficient et par beau temps.



siratus 21/07/2011 00:00


Impressionnant.
A quelle profondeur maximum ?
Je connais bien Portsall, j'y ai passé de belles vacances, rythmées par les virées et régates en dériveur et la pêche à pied (pêches inoubliables au lançons, la nuit)...
Sourire, c'était il y a longtemps, tu n'étais pas encore né, Pascal ! ;)
Bonne nuit. A bientôt


Pascal 21/07/2011 17:47



L'épave de l'Amoco n'est pas très profonde --> 30 mètres. PAr contre elle est très mal placée, en plein courant et absolument pas à l'abrit de la houle. Elle se déteriore à grande vitesse.
J'ai réalisé ces modestes photos lors de ma 3ème plongée avec un petit compact.