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Des photos de plongées, de navires, de ports, de la faune salée... le tout au gré du temps et des saisons.


Le bombardier de Calvi

Publié par Pascal COLLIN sur 12 Août 2009, 15:44pm

Catégories : #Epaves

jeudi 30 juillet 2009

Il est à peine 9h00, le soleil chauffe déjà la peau, les combis sont à moitié enfilées, le matériel est chargé dans le semi-rigide, il va faire bon sur l'eau. Nous démarrons de l'Ile Rousse, il y a donc une petite demi-heure de navigation jusqu'au pied de la citadelle de Calvi. C'est là qu'un B17, le
N° 42-31044, s'abîma le 14 février 1944 après avoir été touché par la chasse allemande alors qu'il effectuait une mission sur l'Italie. Une petite pensée pour les 3 hommes d'équipage qui y sont restés.

Le centre de plongée qui nous emmène est tenu par un couple d'allemands et leur fille. Des allemands qui organisent des plongées sur un bombardier américain immergé en France, c'est un amusant clin d'oeil à l'histoire ça. Et justement, le boss, un grand moustachu, a la blague facile et va en lâcher 2 ou 3... avant de reprendre son sérieux car nous approchons de la zone. Et là on retrouve le sens organisationnel germanique (le cliché c'est pour la blague hein !). Le briefing est bien rodé, on s'équipe, le lâcher de touristes en néoprenne (faut savoir reconnaitre son statut de la matinée) va avoir lieu.

Dernière vérif de matos habituelle, bascule arrière et c'est parti. Richard en tête, Patricia, plongeuse rennaise, en bleu jusqu'au bout des palmes (en méditerranée on pourrait croire à une tenue camouflage), et moi, descendons vers l'oiseau d'aluminium. Ca bulle déjà pas mal dans le secteur. Il y a du monde. Comme prévu c'est presque du tourisme de masse à cette époque. Je vais pas me plaindre... je participe au phénomène... Je vais juste pester un peu contre ceux qui labourent ! D'ailleurs l'eau n'est déjà plus très claire. Faudrait que je revienne hors saison mais là je vais faire avec.

La vue d'ensemble est impressionnante. Nous approchons et frôlons l'aile droite, passons devant le cockpit, sur sa gauche et filons vers l'arrière. Richard est cool, il me laisse prendre la tête pour faire le tour, je vais prendre mon temps. Je survole l'arrière puis je pique à la verticale pour aller m'engouffrer dans son ventre qui abrite quelques apogons. De là on distingue le poste de pilotage à l'autre bout. Nouveau survol de la partie avant puis petite inspection de l'aile gauche. A l'extrémité un serran écriture se fait nettoyer. Je me retourne de temps en temps pour voir si tout le monde suis et si je ne suis pas au milieu d'une autre palanquée. Signes OK, c'est bon on continue. Demi-tour vers les moteurs, Tiens un congre laisse dépasser sa queue de la carlingue. Allez, je vais lui épargner le "tirage de queue", il doit déjà y avoir droit 50 fois par jour. Richard reprend la tête, nous passons près des moteurs droits puis sous l'aile. Il faut partir, laisser la place à d'autres palanquées. 5 petites secondes pour inspecter un dernier recoin, un dernier regard à l'avion et je me tourne vers mes compères pour les suivre.

J'ai l'impression de démarrer une deuxième plongée : une petite explo des blocs au pied de la citadelle. Je ne m'attends pas à rencontrer quoi que ce soit de particulier vu le monde qui doit passer par là. Quelques bans de sargues, de belles éponges, c'est beau mais effectivement assez commun. Tiens, un magnifique serran écriture qui m'expose sa belle tâche bleutée. Ne bouge pas... dans la boîte ! Quelques apogons, toujours aussi orange, fuient l'objectif presque à chaque fois ! Puis nos regards sont attirés par quelque chose de plus gros. Nous approchons doucement, Richard se planque derrière un rocher, une superbe dorade royale nous fait face. Je m'attends à ce qu'elle déguerpisse en nous voyant mais non, du moins pas dans la seconde. Elle approche vers nous à bonne allure, tourne sur sa droite puis s'en va à grands coups de caudale.

Je lève la tête, au dessus le soleil brille toujours, nous savourons les derniers bars de nos blocs (avant réserve !) à regarder la faune fixée mais il faut maintenant remonter sinon le grand moustachu et les autres palanquées vont nous attendre. Je sors de l'eau une fois de plus tout sourire, c'était une plongée bien sympathique et surtout moins convenue que prévu.

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