Regarde la mer

Cigale, air frais au dessus du remorqueur

1 Décembre 2010, 17:51pm

Publié par Pascal Collin

Dimanche 28 novembre 2010

En arrivant au pied du phare d'Eckmühl ce dimanche matin j'ai bien cru que les éléments allaient, pour la troisième fois consécutive, annuler la sortie. Le froid, la pluie et surtout le vent qui soufflait en rafales. La guigne de novembre était bien partie pour frapper à nouveau. Mais non. Plus l'heure du rassemblement à Kerity approche et plus le gris cède la place au soleil et moins le vent souffle. La température, elle, n'est pas décidée à faire le moindre effort. Un petit café au bistrot du port et vient le moment de se changer et de mettre le zod' à l'eau.

Un sympathique petit tour de semi-rigide avec l'air frais qui chatouille les pommettes et nous arrivons sur le point. L'épave est en dessous. C'est celle du remorqueur Cigale. Elle gît là depuis la nuit du 15 au 16 septembre 1947. Cette nuit là, le remorqueur de 26 mètres est venu se perdre dans les eaux bigoudènes alors qu'il descendait de Brest vers Saint-Nazaire, traînant derrière lui une barge citerne. Si les 8 hommes d'équipages ont été repêchés sains et saufs le 16 au matin, le remorqueur est lui longtemps demeuré caché du regard des hommes. Coincé entre deux blocs de granit, flirtant avec les 50m de profondeur, il n'a été découvert qu'en juillet 2007 par des plongeurs du GASM. Depuis il fait la joie des quelques plongeurs qui lui rendent visite.

Et justement, ce frais matin de fin novembre, nous serons 5 chanceux à profiter d'un beau soleil pour aller saluer le navire serti de granit. Je bascule en compagnie d'Alex et de Phil, une belle descente dans le bleu, le vert... puis le noir. Helios n'a pas daigné nous accompagner jusqu'au fond. Nous allumons donc les lampes et celle-ci ne rencontrent d'abord que du granit. Un petit tour de tombant et nous nous retrouvons face à la poupe. L'hélice, tout arrondie et cachée derrière le safran est une pièce à ne pas louper. En passant sur le pont, le petit secteur de barre est lui aussi bien visible.

Nous explorons le remorqueur sur toute sa longueur. La cabine a laissé place à un énorme trou qui permet de pénétrer dans les entrailles de la coque. Alex fouine, Phil, vrai photographe sous-marin, mitraille et j'explore la cale à la recherche d'indices sur le passé du navire. Rapidement, j'arrive sur l'avant du remorqueur et le granit me fait face. Des signaux lumineux m'interpellent, c'est le signe qu'il est l'heure de remonter. Nous longeons la pierre sur quelques mètres puis c'est la pleine eau... à nouveau bleue. Le palier inévitable pour une telle profondeur et nous retrouvons le soleil.

Ben et Pierre descendent à leur tour. Puis nous prenons le chemin vers Kerity où ma moitié m'attend patiemment (certains retours au port sont plus agréables que d'autres). Un apéro au bistro du coin qui héberge une maquette du Cigale et la journée se poursuivra à admirer le paysage ensoleillé depuis la côte. Il faudra retenir que ce dimanche 28 novembre 2010, il neigeait et ventait (presque) partout dans l'Ouest... partout sauf à Kerity !

Cigale

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Danielle B. 09/12/2010 01:09


Un magnifique reportage, des commentaires très précis et intéressants.
Merci Pascal pour le partage et bravo pour ta belle passion.


Pascal 09/12/2010 17:48



Ca donnera peut-être envie à certains non initiés de tenter l'aventure de la plongée, même si l'Atlantique nord fin novembre n'est pas l'idéal pour commencer



Francois 02/12/2010 14:20


Tu n'as pas eu la chance de plonger sous la neige ;-)
Les Albères que l'on voit depuis la mer en Côte Vermeille sont couvertes de neige, et la mer est belle ; elle m'appelle, j'arrive ! En fait, non, je dois attendre le week-end :-(


Pascal 02/12/2010 22:24



Depuis le sud Finistère ont ne distingue pas les Monts d'Arrée. Dommage car ils étaient sûrement enneigés !



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