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Reloaded ! Driskos, beaux poissons sur tôle meurtrie

Publié par Pascal Collin sur 7 Janvier 2015, 16:20pm

Catégories : #Driskos

Mercredi 7 janvier 2015

Suite à un dépoussiérage des fichiers d'origine, un nouvelle parution de cette série sur le Driskos datant d'octobre 2011. Le vert-jaune inesthétique et non représentatif de l'ambiance de la plongée à fait place à une ambiance bleue comme on en rencontre régulièrement dans nos eaux. Ce "Reloaded" est le premier d'une série de quelques reprises.

Samedi 15 octobre 2011

Rendez-vous avec la tôle meurtrie du Driskos que la basse mer de ce samedi midi rapproche de la surface. Le cargo grec avait croisé la route de l'UC61 le 29 juin 1917 alors qu'il convoyait du minerai de fer de Bône (maintenant Annaba) à Middelsborought. Les restes du vieux vapeur laminé par les tempêtes et les ferrailleurs de la Sorima reposent à l'ouest de Noirmoutier sur un fond de roche. Après toutes les épreuves traversées, on pourrait penser que le pauvre navire n'a rien de spécial à montrer aux visiteurs de passage. Détrompez-vous. L'épave du Driskos offre une belle surprise aux plongeurs qui ne la connaissent pas et qui ne se sont pas renseignés avant de s'immerger (j'en connais des comme ça !). Certes, de sa coque ne subsistent que quelques tôles de fond et des poutres enchevêtrées sur un lit de minerai de fer. Sur la zone avant, deux treuils tentent d'égayer le route qui mène vers les quelques restes de proue où 2 ancres à pattes et une autre à jas dépassent des entrelacements de ferraille. Mais là s'arrête la "misère" du Driskos.

Sur le bâbord avant nos regards sont attirés par de la couleur et nous sortons de la tôle pour aller admirer les roses de mer et les cliones qui colonisent la roche. Nous ne nous y attardons néanmoins pas longtemps car nous avons rendez-vous à 30/40 mètres de là, avec la triple expansion couchée et ses deux chaudières renversées. Ce samedi d'octobre, c'est d'ailleurs une illumination de la zone machine qui nous attend. Venant de la roche, nous sommes accueillis à la chaudière bâbord par un superbe Saint-Pierre aux couleurs rutilantes et aux nageoires tendues. Craintif, il s'éloigne en longeant la rondeur de la chaudière mais nous laisse tout de même le temps de l'admirer. Nous lui emboîtons le pas et nous tombons sur un banc de lieus qui évolue au dessus de la machine. La masse de poissons s'écarte devant nous et nous prenons la direction de la poupe en suivant la ligne d'arbre encore carénée par endroits.

Le choix de direction n'est pas le fruit du hasard. Si le long cylindre d'acier traverse à nouveau un no man's land de minerai, au bout du chemin se trouve un des joyaux de l'estuaire, une pièce incontournable pour les habitués des épaves du quartier. C'est l'hélice du Driskos ! La quadripale, posée bien droite, est en parfait état et encore sertie dans sa cage. Elle qui a échappé aux ferrailleurs défie maintenant les décennies d'immersion. A quelques mètres, sur tribord, le secteur de barre gît allongé sur le fond. Tandis que Christophe, mon binôme fouineur s'en donne à cœur joie sous les tôles, je me retourne pour changer de point de vue et... je me retrouve nez à nez avec un gros Mola. La surprise de l'échange de regards semble commune et le poisson lune qui a sûrement eu aussi peur que moi décampe à tires de nageoires en 2 secondes !

Demi-tour direction la zone machine où nous nous attardons cette fois pour fouiner dans la mécanique et la tuyauterie. En partie basse, quelques robinets et gros écrous bien cachés reflètent la lumière. A d'autres profondeurs, l'azote aidant, on pourrait croire à de l'or mais non, ce n'est "que" du bronze. Ils sont bien accrochés sinon ils auraient déjà fait d'heureux "bronzailleurs" (le jeu de mot n'est pas de moi). Du coup, tous les fouineurs en profitent, ce qui est bien mieux... Puis nous obliquons vers tribord avant pour aller chercher le mouillage. Une dernière minute d'explo pour découvrir le chouquet du Driskos (le cargo construit en 1891 avait-il un reste de gréement ?) et c'est la remontée vers la surface ensoleillée. Malgré une visi de fin de saison en forte baisse, c'était une bien belle plongée.

Driskos T5831

Driskos T5842

Driskos T5854

Driskos T5860

Driskos T5863

Driskos T5873

Driskos T5876

Driskos T5881
Ca fouine en bas à droite
Driskos T5891

Driskos T5899
 
Driskos T5902

Driskos T5905

Commenter cet article

Roger Dekert 03/02/2015 13:09

J'aime particulièrement la troisième photo en partant de la fin...
On dirait une grande "gueule" équipée de fanons en trains de gober du poisson cru...

PS : J'aime beaucoup le nouveau look de ton blog... Je préférais juste le fond noir qui métait les photos encore plus en valeur...

pastyme 13/01/2015 18:01

Agréable retour en arrière avec cette belle plongée et "plongée" dans l'histoire avec la carcasse de ce bateau qui a près d'un siècle !
bonne soirée

Pascale MD 11/01/2015 20:56

Bon soir Pascal,
Belle série, des photos magnifiques, et tu m'as fait peur, avant de lire, j'ai cru que tu plongeais encore en cette saison.
La mer nous offre aussi des merveilles, merci de les partager au travers tes clichés.
Bises et belle fin de soirée

PascalXLD 08/01/2015 07:22

Superbe cette série

Bonne journée

Focales 08/01/2015 06:44

J'ai toujours plaisir à découvrir tes fonds marins même s'ils me font un peu peur... je dois être comme les enfants avec les contes de fées quand je viens chez toi Pascal. Mais aujourd'hui je ne
suis pas Marie, JE SUIS CHARLIE