Mardi 19 octobre 2010
Deuxième plongée de la journée aux Glénan sur la plus grande épave du coin, le Pietro Orseolo.
Le "Pietro", comme il est communément appelé en pays Bigouden, est un cargo italien de 143 mètres de long construit en 1939. La Kriegsmarine le réquisitionne en 1943 et le transforme en
speerbrecher (forceur de blocus). Lourdement armé, sa mission devient donc de précéder les convois de l'occupant et de créer un passage sûr à travers les champs de mines et d'écarter les
éventuelles attaques aériennes alliées. Le 18 décembre 1943 il ne résiste pas à un assaut de la R.A.F. Sérieusement touché, il coule à 1 mille au nord de l'île de Penfret alors que des
remorqueurs allemands tentent d'aller l'échouer en lieu sûr.
Ferraillé par 2 fois, le Pietro Orseolo n'en est pas moins une épave impressionnante par sa taille. Dans une eau verte et une ambiance sombre, il m'est apparu telle une cathédrale à ciel ouvert
que j'ai traversée guidé par Alex et Pierre. Curieusement, de nombreuses épontilles et membrures sont demeurées bien droites telles des colonnes. Des gros pans de coque semblant parfois être des
restes de locaux entiers offrent l'aspect d'obscures salles interdites que le phare arrive à peine à éclairer. De gros lieus traversent les ruines de la machine et ses curieux éléments en forme
de cierges et de coupelles géantes. Des chaînes, sûrement laissées là par les ferrailleurs donnent un air de pénitent à un morceau de bordé.
Comme à chaque fois, la plongée du matin tire sur les ordinateurs et nous regagnons le mouillage. La dernière minute pour apercevoir des vestiges nettement plus contemporains et beaucoup moins
poêtiques que sont une boîte de pâté et une bouteille de bière... le coin est manifestement lui aussi apprécié des pêcheurs du dimanche. Une remontée dans le vert qui s'éclairci, au dessus les
nuages font enfin un peu de place au soleil. Nous laissons, 30 mètres en dessous de nous, le Pietro Orseolo et son ambiance cathédrale.